« Donne-moi la fourchette du poste, je la mets dans l’offre cet après-midi. » Nous entendons cette phrase dans presque chaque première réunion de cadrage sur la transparence des rémunérations, et elle suppose qu’une fourchette existe quelque part, écrite, cohérente et défendable. Dans la plupart des organisations, cette fourchette se reconstitue le matin même, à partir du dernier salaire négocié sur un poste comparable.
Les cinq niveaux de transparence salariale décrivent habituellement ce qu’une entreprise accepte de dire. Nous les lisons autrement : ils décrivent cinq états possibles de votre grille de salaires, depuis le document qui n’existe pas jusqu’à celui que n’importe qui consulte en ligne. Votre niveau réel se constate donc dans un fichier, et aucune réunion de communication ne le déplace.
Cette lecture change ce que vous avez à arbitrer. Vous décidez d’abord si ce que vous allez publier correspond à ce que vous payez réellement, et seulement ensuite jusqu’où vous communiquez. L’arbitrage que vous portez tient en une phrase : corriger ce que vous versez avant d’afficher ce que vous promettez, ou publier d’abord et accepter que l’écart devienne une pièce écrite.
| Ce que la lecture courante dit | Ce que le document dit | Le déplacement qui compte |
|---|---|---|
| Cinq niveaux de communicationLa lecture courante classe les entreprises selon ce qu’elles acceptent de dire sur les salaires. Dans cette lecture, la grille de salaires reste un outil interne et la transparence se mesure au volume d’information diffusée. | Cinq états d’un même fichierLes obligations de la directive 2023/970 se vérifient toutes contre un seul objet : le document qui rattache un poste à une fourchette et à des critères écrits. Son existence, son périmètre et sa correspondance avec les salaires versés déterminent le niveau réellement atteint. | L’affichage peut dépasser le fichierUne organisation publie des fourchettes en un trimestre et met plusieurs trimestres à les rendre exactes. L’écart entre les deux devient une pièce écrite, datée et opposable, qui documente la différence que l’employeur n’a pas corrigée. |
Les cinq niveaux de transparence salariale, du silence au salaire public
Les cinq niveaux se distinguent par l’état d’un seul document : celui qui dit quel poste vaut quelle fourchette et selon quels critères. Au niveau le plus bas, ce document n’existe pas. Au niveau le plus haut, il est public, formule de calcul comprise. Entre les deux, trois paliers intermédiaires engagent des obligations très différentes.
Les cinq états que peut prendre une grille de salaires
Au niveau 1, chaque salarié connaît son propre salaire et rien d’autre. Les critères de rémunération restent implicites, aucune comparaison n’est possible, et les écarts entre deux personnes qui occupent le même poste ne sont consignés nulle part. Ce niveau reste le point de départ de la majorité des organisations françaises, par héritage plutôt que par décision.
Au niveau 2, les critères sont écrits et expliqués. Vos salariés comprennent la logique qui gouverne leur rémunération sans voir les montants des autres. La philosophie salariale existe dans un document interne, les critères d’évolution sont publiés, et les managers disposent d’une référence commune quand ils préparent leurs augmentations.
Au niveau 3, les fourchettes par poste deviennent accessibles en interne et communiquées aux candidats avant le premier entretien. C’est le palier que la directive européenne rend obligatoire. Au niveau 4, chaque salaire individuel devient visible en interne et la formule de calcul est publiée. Au niveau 5, l’ensemble sort de l’entreprise et se consulte librement en ligne.
| Niveau | État de la grille | Ce qui est visible | Ce que le passage demande d’écrire |
|---|---|---|---|
| Niveau 1 | Aucun document de référence, les salaires résultent de négociations successives | Son propre salaire, pour chaque salarié | Rien, c’est l’état par défaut |
| Niveau 2 | Critères de rémunération rédigés, fourchettes encore absentes ou indicatives | La logique des décisions salariales | Les critères objectifs et leur pondération |
| Niveau 3 | Fourchettes écrites par poste, rattachées à une catégorisation des emplois | Les fourchettes en interne et dans les offres, les moyennes par catégorie | La catégorisation des travaux de valeur égale et les écarts constatés |
| Niveau 4 | Grille complète et formule de calcul applicables sans arbitrage discrétionnaire | Chaque rémunération individuelle, en interne | La justification de chaque position dans la fourchette |
| Niveau 5 | Grille publique, mise à jour à chaque recrutement | Tout, pour tout public | L’engagement de ne plus payer hors grille |
Ce que chaque palier demande d’écrire avant toute annonce
Chaque passage de niveau se paie en documents, et jamais en annonces. Le passage du niveau 1 au niveau 2 demande de nommer les critères qui gouvernent déjà vos décisions, donc d’accepter de découvrir que certaines décisions passées ne s’y rattachent pas. Le passage du niveau 2 au niveau 3 demande une catégorisation des emplois, parce qu’une fourchette sans périmètre d’emploi ne signifie rien.
Le passage au niveau 4 ajoute une contrainte que les trois premiers paliers n’imposent pas : chaque position dans la fourchette doit se défendre individuellement, puisque chacun voit celle de son voisin. Quant au niveau 5, il vous interdit pratiquement de recruter hors grille, car le prochain candidat lira votre grille avant de négocier.
Cette progression explique pourquoi deux organisations qui communiquent la même chose peuvent se trouver à deux niveaux différents. L’une a écrit ses fourchettes puis les a publiées, l’autre a publié des fourchettes qu’elle reconstitue à chaque recrutement. La seconde affiche le niveau 3 et se tient toujours au niveau 1.
Ces cinq paliers circulent dans le champ depuis une dizaine d’années, et le spectre en cinq niveaux attribué à PayScale leur a donné leur forme courante, pendant que l’ouvrage Open Book Management de John Case, paru en 1993, avait installé le palier des critères. Vous retrouverez toujours les mêmes entreprises citées en exemple, donc il vaut la peine de savoir ce que chacune documente réellement.
- Buffer publie depuis 2013 ses salaires individuels et sa formule de calcul sur son propre site, ce qui en fait le seul exemple du palier le plus haut dont la source soit l’entreprise elle-même.
- Checkly a ouvert son calculateur de rémunération en 2022 et le documente publiquement, en restant transparent sur les fourchettes plutôt que sur les montants individuels, ce qui le situe au palier des fourchettes.
- Indeed et Typeform sont cités pour l’affichage des salaires dans les offres et pour le partage des fourchettes en interne, deux pratiques qui relèvent du palier que la directive européenne rend obligatoire.
- Whole Foods et SumAll sont cités pour la visibilité interne des salaires individuels, alors que nous n’avons retrouvé aucune publication de ces deux entreprises décrivant elles-mêmes ce dispositif.
- Patagonia est citée pour sa posture d’entreprise ouverte, qui porte sur ses chiffres d’activité et sur sa chaîne d’approvisionnement plus que sur sa grille de rémunération.
Retenez la leçon de ce relevé avant de choisir votre cible : les exemples les plus cités restent les moins documentés, et vous construirez votre argumentaire interne sur Buffer et sur Checkly, qui exposent leur méthode, plutôt que sur une liste de marques dont la pratique réelle reste invérifiable.
Pourquoi votre niveau réel se lit dans votre grille et non dans votre communication
Toutes les obligations de la directive 2023/970 se vérifient contre un même objet : le document qui rattache un poste à une fourchette et à des critères. Une organisation peut donc publier en un trimestre ce qu’elle mettra plusieurs années à rendre exact. L’écart entre les deux se mesure, et il se conserve.
Les quatre questions qui situent votre document de référence
Pour situer votre niveau réel, nous posons toujours les mêmes quatre questions à la direction des ressources humaines, dans cet ordre.
- Le document existe-t-il dans un fichier unique, daté, dont une personne identifiée est responsable ?
- Chaque poste de l’organisation y figure-t-il, y compris ceux créés depuis la dernière mise à jour ?
- Les critères qui déterminent la position dans la fourchette y sont-ils écrits, et sont-ils les mêmes pour tous les services ?
- Combien de salariés sont aujourd’hui payés en dehors de la fourchette de leur propre poste ?
La quatrième question décide du niveau réel, et c’est celle que personne ne peut traiter de mémoire. Quand la réponse se calcule en une heure, votre grille vit. Quand elle demande un chantier de plusieurs semaines, vous disposez d’un document de communication et non d’un référentiel de pilotage.
Le cas de l’organisation dont l’affichage dépasse le document
La configuration la plus fréquente se décrit en trois temps. La direction décide d’afficher les fourchettes dans ses offres, parce que l’échéance approche et parce que le marché du recrutement le demande. Les équipes de recrutement construisent alors des fourchettes à partir des salaires existants, en élargissant les bornes pour qu’aucun salarié en poste ne se trouve en dehors.
Ces fourchettes larges tiennent quelques mois, puis un candidat négocie au delà de la borne haute et l’obtient. La fourchette publiée devient alors fausse pour tous les salariés qui la lisent. L’organisation a franchi le palier d’affichage sans franchir celui du document, et chaque recrutement suivant creuse l’écart.
Cette situation se retourne contre l’employeur pour une raison précise : la fourchette publiée est une pièce écrite. Elle date, elle engage, et elle documente la différence entre ce que l’entreprise annonçait et ce qu’elle a versé. Un salarié qui demande pourquoi il se situe sous la borne basse de son propre poste n’a plus besoin de prouver quoi que ce soit.
Vous disposez pourtant d’une parade simple, et elle consiste à inverser l’ordre des deux chantiers. Calculez d’abord la dispersion réelle de vos salaires à poste comparable, puis construisez vos fourchettes sur cette dispersion corrigée, et affichez seulement ensuite. Cette séquence vous prive d’une annonce rapide pendant deux ou trois trimestres, et elle vous évite de signer un engagement que vos recrutements démentiront dès le premier trimestre suivant.
Ce que la loi vous oblige à écrire avant d’afficher une fourchette
Le droit français impose depuis longtemps l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale, et il énumère les critères qui définissent cette valeur. La directive 2023/970 ajoute des obligations de communication et un mécanisme de correction à délai. Ces deux textes s’appliquent à votre grille, et votre discours ne les satisfait pas.
Les critères que la loi vous impose déjà
L’article L. 3221-2 du code du travail énonce que tout employeur assure, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes. Cette obligation ne dépend d’aucun seuil d’effectif et d’aucune échéance européenne, puisqu’elle est en vigueur depuis des décennies.
L’article suivant est celui que les grilles oublient. Sont considérés comme ayant une valeur égale les travaux qui exigent un ensemble comparable de connaissances professionnelles, de capacités découlant de l’expérience acquise, de responsabilités et de charge physique ou nerveuse. Ces quatre critères sont donc déjà les vôtres, que vous les ayez écrits ou non.
Le projet de loi déposé au Sénat le 10 septembre 2026 précise cette définition et crée une obligation nouvelle. Le texte prévoit qu’une catégorisation des salariés réalisant un travail de valeur égale soit établie par accord d’entreprise, ou à défaut par décision unilatérale de l’employeur après consultation du comité social et économique, pour une durée de trois ans.
Le délai de six mois qu’ouvre un écart de 5 pour cent
La directive organise une mécanique de correction que peu de grilles anticipent. Son article 10 déclenche une évaluation conjointe des rémunérations avec les représentants des travailleurs lorsque trois conditions sont réunies ensemble, et non isolément.
- Les données communiquées révèlent une différence de niveau de rémunération moyen d’au moins 5 pour cent entre travailleurs féminins et masculins, dans n’importe quelle catégorie de travailleurs.
- L’employeur n’a pas justifié cette différence par des critères objectifs non sexistes.
- L’employeur n’y a pas remédié dans un délai de six mois à compter de la communication des données.
La troisième condition mérite votre attention, parce qu’elle transforme une mesure en calendrier. Dès que vos données sont communiquées, un compte à rebours de six mois s’ouvre sur chaque catégorie dont l’écart dépasse le seuil. Vous ne pouvez donc pas mesurer puis réfléchir, car la mesure elle-même engage le délai.
Le même seuil de 5 pour cent revient à l’article 24 de la directive, dans un tout autre usage : l’exclusion possible d’un opérateur économique des procédures de passation de marchés publics. Les deux mécanismes se citent souvent l’un pour l’autre, et ils n’ont ni le même déclencheur ni les mêmes conséquences. Vérifiez donc, chaque fois que ce seuil vous est présenté comme une limite à ne pas franchir, de quel article il est tiré et ce qu’il déclenche exactement, puisque l’un ouvre une obligation de correction interne et l’autre ferme un accès à la commande publique.
Les signaux qui révèlent l’état réel de votre grille
Vous n’avez pas besoin d’un audit pour situer votre niveau. Quatre signaux se lisent dans vos pratiques courantes de recrutement et d’entretien, et ils disent l’état du document mieux que n’importe quelle déclaration d’intention. Les mesures publiques disponibles confirment que ces signaux sont très répandus.
Les signaux visibles dans vos recrutements
Le premier signal porte sur la question du salaire actuel du candidat. L’étude de l’Apec sur la transparence salariale, publiée en novembre 2025 sur un échantillon de 600 entreprises du privé ayant recruté au moins un cadre dans les vingt-quatre derniers mois, mesure que 60 pour cent d’entre elles interrogent systématiquement ou souvent les candidats sur leur salaire actuel ou précédent.
Cette question est un signal fiable, parce qu’une organisation qui dispose d’une grille vivante n’a pas besoin de connaître l’historique salarial du candidat pour construire sa proposition. Elle lit la fourchette du poste et positionne le candidat dedans selon ses critères écrits. L’entreprise qui pose la question calibre, au contraire, sa proposition sur le rapport de force du moment.
Le deuxième signal porte sur la largeur de vos fourchettes publiées. La même étude relève que 46 pour cent des entreprises publient systématiquement la rémunération dans leurs offres, avec un écart marqué entre l’industrie, à 32 pour cent, et les services, à 50 pour cent. Parmi celles qui affichent, 82 pour cent privilégient une fourchette plutôt qu’un montant.
Le troisième signal se trouve juste derrière : 76 pour cent de ces entreprises estiment que les cadres peuvent négocier au delà de la fourchette affichée. Une fourchette négociable au delà de sa borne haute n’est plus une fourchette, et votre niveau d’affichage se réduit alors à un geste commercial envers le marché du recrutement.
Les signaux visibles dans vos entretiens annuels
Le quatrième signal apparaît quand un manager doit expliquer un écart à son équipe. Le volet cadres de la même étude, recueilli en ligne en mai 2025 auprès de 2 000 cadres dont 1 136 managers, mesure que 63 pour cent des managers auraient du mal à expliquer certaines différences de rémunération dans leur équipe.
Ce chiffre mesure l’état de votre document, et non la compétence de vos managers. Un manager explique sans difficulté un écart adossé à des critères écrits, puisqu’il lit la grille et nomme le critère qui sépare les deux positions. Il butte quand l’écart vient d’une négociation ancienne dont personne n’a conservé la raison.
Le même volet cadres indique que 42 pour cent des cadres français déclarent avoir du mal à situer leur salaire par rapport aux professionnels d’un poste similaire dans d’autres entreprises, et que 89 pour cent chercheraient à renégocier s’ils apprenaient qu’un collègue de poste équivalent est mieux payé. Vous tenez donc deux populations : celle qui ignore, et celle qui agira dès qu’elle saura.
Ce que coûte l’écart entre votre grille et vos salaires réels
Le coût d’un écart entre grille et salaires versés se chiffre de deux façons. La première est la remise à niveau des personnes payées sous la borne basse de leur poste. La seconde est l’exposition au mécanisme de correction à six mois, qui transforme chaque catégorie non justifiée en obligation de résultat.
Trois écarts de salaire, trois mesures différentes
Avant de publier un indicateur, vous avez besoin de savoir lequel vous publiez. L’Insee mesure l’écart entre femmes et hommes de trois manières distinctes sur la même année, et les trois résultats s’écartent considérablement. Confondre ces mesures expose votre direction à une discussion qu’elle ne maîtrise pas.
En revenu salarial, qui additionne tout ce qu’une personne perçoit sur l’année et intègre donc le temps partiel et les interruptions, les femmes du secteur privé perçoivent 21,8 pour cent de moins que les hommes. En équivalent temps plein, qui neutralise la durée travaillée, l’écart revient à 13,0 pour cent en 2024, et il atteint 14,8 pour cent chez les cadres.
À emploi comparable, dans le même établissement et sur un poste de même nature, la même publication estime l’écart à 3,6 pour cent. C’est cette troisième mesure qui ressemble le plus à ce que la directive vous demandera de justifier, catégorie par catégorie, et c’est la seule des trois que votre grille influence directement.
À l’échelle européenne, l’indicateur de référence diffère encore. Eurostat publie un écart non ajusté de 11,1 pour cent dans l’Union en 2024, calculé sur le salaire horaire brut moyen dans les entreprises de dix salariés et plus. Une comparaison entre pays qui mélange ces bases ne prouve donc rien.
Ce que votre grille doit couvrir pour tenir à la lecture
Une grille se juge à sa capacité à expliquer la dispersion réelle des salaires. Dans le secteur privé français, un salarié gagne en moyenne 2 733 euros net par mois en équivalent temps plein et la moitié des salariés perçoit moins de 2 190 euros. Un salarié sur dix se situe sous 1 492 euros, un sur dix au dessus de 4 334 euros.
Ce rapport interdécile de 2,91 décrit l’amplitude que votre grille doit organiser si votre organisation ressemble à la moyenne du privé. Les écarts par âge ajoutent une seconde amplitude : un salarié de moins de 25 ans perçoit en moyenne 1 620 euros contre 3 270 euros pour un salarié de 55 ans ou plus.
Ces deux amplitudes vous obligent à une décision désagréable. Soit votre grille explique l’ancienneté comme critère objectif, et vous l’écrivez explicitement avec son barème. Soit elle ne l’explique pas, et chaque écart lié à l’ancienneté deviendra un écart inexpliqué le jour de la première évaluation conjointe.
Retour d’expérience Glukoze
La question que nous posons en premier, et la réponse que personne n’a
En construisant notre conférence sur le dispositif de transparence salariale, nous avons testé une séquence d’ouverture sur plusieurs groupes de dirigeants et de responsables des ressources humaines. Nous commençons par une seule question : combien de vos salariés sont aujourd’hui payés en dehors de la fourchette de leur propre poste ?
Aucun groupe n’a produit ce chiffre. Les participants connaissent leur masse salariale, leur budget d’augmentation et leur taux de rotation, et cette grandeur n’existe dans aucun de leurs tableaux de bord. Plusieurs ont constaté pendant la séance que la question supposait déjà une fourchette écrite par poste, ce que leur organisation ne possédait pas. La discussion bascule alors du calendrier d’affichage vers l’état de leur référentiel, et les arbitrages deviennent concrets à ce moment précis.
Retenez la grandeur plutôt que la séance : le nombre de salariés payés hors de la fourchette de leur poste situe votre niveau de transparence, et il se calcule avant toute décision de communication.
Comment choisir le niveau de transparence qui tient dans votre organisation
Le niveau atteignable dépend de trois paramètres mesurables, et jamais de l’ambition affichée en séminaire de direction. La taille de votre organisation, la dispersion de vos salaires à poste comparable et la capacité de vos managers à défendre une position dans une fourchette déterminent ensemble le palier que vous tiendrez dans deux ans.
Les trois critères qui décident du palier atteignable
Le premier critère est la dispersion inexpliquée. Comptez les salariés payés hors de la fourchette de leur poste, puis rapportez ce nombre à votre effectif. En dessous de quelques pour cent, le niveau 3 se tient dans l’année. Au delà de dix pour cent, la remise à niveau pèse plus lourd que le chantier d’écriture, et elle conditionne tout le reste.
Le deuxième critère est la stabilité de vos intitulés de poste. Un même métier qui porte huit intitulés différents selon les services interdit toute catégorisation, donc toute fourchette défendable. Le troisième critère est la ligne managériale : un palier qui rend les salaires individuels visibles demande que chaque manager sache nommer le critère qui sépare deux de ses collaborateurs.
- Dispersion hors fourchette inférieure à 5 pour cent de l’effectif, intitulés stabilisés, managers formés : le niveau 4 devient envisageable.
- Dispersion maîtrisée mais intitulés hétérogènes : visez le niveau 3 et traitez la catégorisation en premier.
- Dispersion forte, quelle que soit la maturité managériale : le niveau 2 est le seul palier honnête, et la correction salariale passe avant l’affichage.
- Organisation de moins de cinquante salariés : le niveau 2 écrit vous protège mieux qu’un niveau 3 affiché que personne ne tient.
Niveau 3 réglementaire ou niveau 4 choisi, selon votre maturité
Le niveau 3 répond à une contrainte, le niveau 4 répond à une stratégie. Le premier vous demande des fourchettes justes et des moyennes par catégorie. Le second vous demande en plus de défendre chaque position individuelle, ce qui déplace la charge de la direction des ressources humaines vers chaque manager de proximité.
Nous observons une règle de séquence assez stable dans nos accompagnements : une organisation qui tente le niveau 4 sans avoir tenu le niveau 3 pendant au moins deux cycles d’augmentation revient au niveau 2 en pratique, parce que les exceptions reprennent dès la première difficulté de recrutement. La maturité se mesure donc en cycles tenus.
Pour arbitrer, posez la question à l’envers. Demandez-vous combien d’exceptions à la grille votre direction est prête à refuser pendant les douze prochains mois, y compris sur un recrutement stratégique. Le palier que vous tiendrez est celui que ce nombre autorise, et il se situe souvent un cran en dessous de celui que vous visiez. Posez la question en présence de la direction commerciale et de la direction financière, car ce sont elles qui demanderont la première exception.
Votre référentiel d’emplois tient-il à la lecture ?
Vous venez de situer votre grille et le découpage des emplois vous bloque ? Lisez notre article consacré à la construction du référentiel emplois et à la pesée des postes pour savoir ce que ce chantier produit, ce qu’il coûte et dans quel ordre le mener.
Ce que les paliers supérieurs règlent au delà du niveau 3
Le palier réglementaire laisse deux questions sans réponse : la position de chacun dans sa fourchette, et la cohérence des décisions prises d’une année sur l’autre. Les paliers supérieurs les traitent, au prix d’une rigidité que toutes les organisations ne souhaitent pas assumer.
Ce que le niveau 4 ferme définitivement
Rendre les rémunérations individuelles visibles en interne supprime une pratique que le niveau 3 tolère : l’ajustement discret. Quand chacun voit la position de son voisin, une augmentation accordée hors critère devient immédiatement une question posée par quinze personnes. Votre direction perd donc un outil de souplesse qu’elle utilise sans toujours se l’avouer.
En échange, le niveau 4 règle la difficulté que mesure l’Apec chez 63 pour cent des managers. L’explication d’un écart ne repose plus sur la mémoire du manager, puisqu’elle se lit dans une formule accessible à tous. L’entretien d’augmentation change alors de nature : il porte sur le critère, et non sur la négociation.
Ce basculement explique pourquoi 64 pour cent des cadres français pensent que les salaires de chacun devraient être connus de tous. Leur demande porte moins sur la curiosité que sur la fin de l’asymétrie d’information, puisque 42 pour cent d’entre eux ne savent pas situer leur propre position.
Le coût et les interdits de la publication externe
Le niveau 5 sort la grille de l’entreprise. Votre prochain candidat lit alors votre formule avant son premier entretien, et vos concurrents la lisent aussi. Cette exposition impose une discipline absolue : chaque recrutement hors grille devient publiquement visible, donc pratiquement impossible.
Les organisations qui tiennent ce palier partagent deux caractéristiques, et nous les retrouvons systématiquement. Elles ont construit leur grille avant leur croissance, et non après, ce qui leur évite la reprise d’un historique de négociations individuelles. Elles opèrent par ailleurs sur des métiers peu nombreux et bien délimités, ce qui rend la catégorisation lisible.
Pour une organisation française installée, avec plusieurs dizaines de métiers et vingt ans de décisions salariales derrière elle, le niveau 5 relève de la posture plutôt que du pilotage. Le palier utile se situe entre le 3 et le 4, et la vraie question porte sur la vitesse à laquelle vous passez de l’un à l’autre.
Un dernier élément plaide pour le palier intermédiaire. Les paliers supérieurs transforment chaque exception en précédent public, donc ils vous enlèvent la possibilité de corriger discrètement une erreur de positionnement. Tant que votre grille comporte des positions que vous savez fausses, une visibilité totale fige ces erreurs sous les yeux de tous, alors qu’un palier intermédiaire vous laisse le temps de les traiter dans l’ordre que vous choisissez. Cet ordre compte, puisque la correction d’une position basse coûte un budget, tandis que la correction d’une position haute demande un gel pluriannuel et une explication individuelle.
L’origine de l’idée de transparence salariale et sa promesse initiale
La transparence sur les rémunérations descend d’un courant de gouvernance plus large, l’Open Book Management, qui proposait de partager avec les salariés l’ensemble des informations économiques de l’entreprise. Cette filiation explique une partie des malentendus actuels, puisque la promesse d’origine portait sur l’engagement et que l’obligation européenne porte sur l’égalité.
Ce que John Case proposait en 1993
L’Open Book Management est une approche de gestion formulée par le journaliste économique John Case dans un ouvrage paru en 1993, qui propose de communiquer aux salariés les comptes et les indicateurs de l’entreprise pour qu’ils comprennent le fonctionnement économique de leur employeur. Les salaires n’y occupaient qu’une place secondaire parmi les informations à ouvrir.
Le raisonnement de Case tenait en une hypothèse : un salarié qui comprend comment son entreprise gagne de l’argent décide différemment dans son travail quotidien. L’ouverture des comptes visait donc la qualité des décisions au plus près du terrain, et la rémunération venait après, comme conséquence d’une culture de l’information partagée.
Cette approche est restée marginale pendant deux décennies, portée par quelques organisations convaincues. Elle a néanmoins installé une idée qui circule encore dans vos séminaires de direction : la transparence produirait de l’engagement. Retenez que cette promesse n’a jamais porté sur la réduction des écarts de rémunération.
Ce que la réglementation européenne retient de cette filiation
La directive 2023/970 reprend le mécanisme d’ouverture et change entièrement sa finalité. Elle organise la communication d’informations salariales pour permettre la comparaison entre femmes et hommes, avec un renversement de la charge de la preuve en cas de contentieux et un délai de correction. L’engagement n’y figure nulle part.
Ce glissement a une conséquence pratique pour vous. Les arguments d’engagement et d’attractivité restent vrais, et ils ne vous protègent d’aucune obligation. Une organisation qui construit son chantier sur la promesse d’engagement produit de la communication interne, tandis que l’obligation porte sur des catégories d’emplois, des moyennes et des justifications écrites.
Le palier 5, celui de la publication externe intégrale, reste par ailleurs un héritage direct de ce courant militant plutôt qu’une exigence réglementaire. Aucun texte européen ni français ne le demande, et vous pouvez donc l’écarter sans rien perdre de votre conformité, à condition de tenir réellement les paliers inférieurs.
Cette distinction vous sert dans vos discussions internes. Quand un dirigeant propose la publication intégrale au nom de la modernité, vous pouvez répondre par la filiation : cette pratique vient d’une philosophie de gouvernance ouverte, elle appartient à des organisations qui l’ont adoptée avant leur croissance, et elle ne vous rapproche d’aucune obligation. Quand un autre refuse toute transparence au nom du risque social, vous répondez par le texte, qui ne laisse pas le choix sur les paliers 2 et 3.
Ce que votre grille change dans le dialogue social
La grille cesse d’être un document de la direction des ressources humaines dès que la catégorisation des emplois devient un objet de négociation. Le projet de loi français en fait d’ailleurs la voie principale, et la décision unilatérale une solution de repli. Votre calendrier de négociation conditionne donc votre calendrier d’affichage.
La catégorisation passe par un accord, à défaut par une décision unilatérale
Le texte déposé au Sénat prévoit que la catégorisation des salariés réalisant un travail de valeur égale soit établie par accord d’entreprise. En l’absence d’accord, l’employeur peut l’établir par décision unilatérale après consultation du comité social et économique, pour une durée de trois ans. Ces deux voies n’ont pas le même coût ni la même solidité.
L’accord vous donne une catégorisation cosignée, donc difficile à contester ensuite par ceux qui l’ont signée. La décision unilatérale vous donne de la vitesse et vous laisse seul porteur du découpage retenu. Choisissez en fonction du nombre de rapprochements entre métiers que vous allez devoir assumer, car ce sont eux qui déclenchent les discussions.
Le même texte ouvre la négociation de branche sur l’élaboration d’une méthode de catégorisation, et il impose aux organisations représentatives d’engager ces négociations dans un délai de six mois suivant la promulgation. Si votre branche avance, vous héritez d’une méthode. Si elle tarde, vous construisez la vôtre et vous la défendrez seul.
Ce que vos représentants du personnel liront dans votre grille
Une grille soumise à la négociation expose trois informations que la direction préfère souvent garder implicites : le nombre de fourchettes distinctes, la largeur de chacune et la liste des postes rangés ensemble. Cette dernière information est la plus discutée, puisqu’elle dit quels métiers l’entreprise considère comme équivalents.
Préparez-vous donc à défendre des rapprochements plutôt que des montants. Un poste administratif rangé dans la même catégorie qu’un poste technique de même niveau de responsabilité produit une discussion immédiate, et c’est précisément le genre de rapprochement que les quatre critères du code du travail imposent d’examiner.
Nos interlocuteurs sous-estiment régulièrement le temps de cette étape. La construction technique de la grille se mène en quelques semaines avec les bonnes données, alors que l’accord sur le découpage demande plusieurs cycles de réunions. Prévoyez cette durée dans votre planning, sans quoi vous publierez un découpage qui ne tiendra pas six mois.
Une précaution de méthode vous fera gagner du temps. Apportez en réunion la liste des postes et les quatre critères légaux, sans les montants, et faites discuter les rapprochements avant les fourchettes. Les représentants du personnel contestent rarement un critère objectif, alors qu’ils contestent systématiquement un montant présenté avant le raisonnement qui l’a produit. L’ordre de présentation décide donc d’une partie du climat de la négociation.
Les données que votre grille doit intégrer pour être défendable
La directive ne raisonne pas sur le salaire de base, et beaucoup de grilles si. Elle définit la rémunération de façon large, et elle impose que le regroupement des salariés en catégories repose sur des critères explicites. Ces deux définitions commandent les données que vous devez rassembler avant d’écrire une seule fourchette.
Ce que la directive compte dans la rémunération
Le texte définit la rémunération comme le salaire ou traitement ordinaire de base ou minimal et tout autre avantage payé directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par un employeur à un travailleur en raison de son emploi. Les composantes variables et complémentaires entrent donc dans le périmètre.
Cette définition élargit considérablement votre collecte. La part variable, les primes d’ancienneté, les primes de sujétion, l’intéressement contractualisé, les avantages en nature et les dispositifs individuels de retraite supplémentaire pèsent sur l’écart mesuré, même quand votre grille ne les mentionne pas. Une grille construite sur le seul salaire de base produira donc un écart que vous ne saurez pas expliquer.
Le niveau de rémunération que la directive demande de comparer est par ailleurs précisé : la rémunération annuelle brute et la rémunération horaire brute correspondante. Vérifiez donc que votre système d’information restitue ces deux grandeurs par salarié, car l’une des deux manque souvent, en particulier pour les cadres au forfait.
Les conditions d’une catégorie de travailleurs valide
La directive définit la catégorie de travailleurs comme les travailleurs accomplissant le même travail ou un travail de même valeur, regroupés de manière non arbitraire. Le regroupement doit reposer sur des critères non discriminatoires, objectifs et non sexistes, et l’employeur le définit le cas échéant avec les représentants des travailleurs.
Retenez l’expression « de manière non arbitraire », puisqu’elle écarte deux pratiques courantes. Le découpage par service ne tient pas, parce qu’il regroupe des métiers différents sous une même étiquette budgétaire. Le découpage par niveau de classification conventionnelle ne tient pas davantage, parce qu’un même coefficient couvre souvent des travaux dont la valeur diffère au sens des quatre critères du code du travail.
Votre grille doit donc porter une double information par poste : la fourchette, et la catégorie à laquelle ce poste appartient pour la comparaison. Ces deux objets se construisent ensemble, et nous voyons régulièrement des organisations écrire les fourchettes d’abord, puis découvrir que leur découpage ne supporte aucune comparaison défendable.
Commencez cette collecte par un inventaire des éléments de rémunération réellement versés, service par service, sur un exercice complet. Vous y trouverez des primes locales que votre service des ressources humaines ne connaît pas toujours, des usages anciens reconduits par habitude et des avantages accordés à une personne dans un contexte oublié. Chacun de ces éléments entrera dans l’écart mesuré, donc chacun demande une justification écrite ou une extinction organisée.
Une fois votre niveau de grille arbitré, la question devient celle du calendrier. Notre article sur l’ordre dans lequel geler vos décisions sur les écarts de salaire détaille les cinq chantiers et les trois arbitrages qui se tranchent en direction générale avant le premier travail technique.
Comment nous vous aidons à tenir votre grille de salaires dans la durée
Nos interventions sur ce sujet portent sur deux objets distincts : la capacité de vos managers à défendre une position dans une fourchette, et la préparation de votre direction aux discussions que la grille va ouvrir. Nous ne construisons pas vos grilles, et nous outillons ceux qui auront à les expliquer.
Préparer vos managers à expliquer une position dans une fourchette
Nos parcours managériaux sur la rémunération partent du constat mesuré par l’Apec : une large majorité de managers butte sur l’explication de certains écarts. Nous travaillons donc la situation réelle, celle du collaborateur qui arrive avec un chiffre et une question, et nous entraînons la formulation qui tient sans promettre ce que le manager ne décide pas.
Ces séquences se mènent en petits groupes de managers de même niveau, avec les critères réels de votre organisation. Vos managers en sortent avec une capacité à nommer le critère applicable, à dire ce qu’ils ignorent et à renvoyer au bon interlocuteur, ce qui réduit considérablement le nombre de promesses improvisées en entretien.
Outiller votre direction avant l’ouverture des discussions
Notre conférence sur le dispositif de transparence salariale s’adresse aux équipes de direction qui doivent arbitrer un palier et un calendrier. Elle traite le mécanisme juridique, les trois mesures d’écart et les configurations qui exposent l’employeur, de façon à ce que l’arbitrage se rende sur des éléments vérifiables.
Nous intervenons également en atelier, avec les équipes qui portent le chantier, pour préparer les questions qui arriveront des représentants du personnel et des salariés. Cette préparation se concentre sur les rapprochements de métiers les plus discutables, puisqu’ils déterminent la solidité de l’ensemble.
Pour les organisations qui engagent le chantier amont, nous renvoyons vers le travail de construction du référentiel emplois et de pesée des postes, qui produit la matière dont la grille a besoin. Les deux chantiers se mènent dans cet ordre, et l’inverse coûte toujours plus cher.
Votre grille de salaires décide de votre niveau réel
Les cinq niveaux de transparence restent utiles pour situer une organisation, à condition de les lire comme cinq états d’un document plutôt que comme cinq degrés de bonne volonté. Votre niveau réel se constate en comptant les salariés payés hors de la fourchette de leur poste, et ce comptage prend quelques heures.
Deux conduites s’offrent à vous. La première consiste à corriger avant d’afficher, ce qui coûte de l’argent maintenant et ne donne rien à montrer pendant plusieurs trimestres. La seconde consiste à afficher d’abord, ce qui soulage la pression immédiate et laisse une trace écrite de chaque écart que vous n’avez pas traité.
Le mécanisme de correction à six mois de la directive tranche en pratique cette hésitation, puisqu’il transforme toute mesure communiquée en obligation de résultat. Commencez donc par regarder votre grille de salaires telle qu’elle est aujourd’hui, et non telle que votre dernière note interne la décrit.
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Diagnostic de préparation à la directive 2023/970
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38 questions sur les 5 axes de la directive. Score personnalisé, profil de conformité et liste d’actions prioritaires, avec un bilan téléchargeable en PDF. Le diagnostic est 100 % confidentiel : aucune donnée n’est collectée, transmise ou stockée.
- Axe 1Architecture des emplois et rémunération
- Axe 2Transparence interne
- Axe 3Transparence du recrutement
- Axe 4Reporting et obligations déclaratives
- Axe 5Audit conjoint et action corrective
Questions fréquentes sur la grille de salaires et les niveaux de transparence
Comment savoir à quel niveau de transparence salariale se situe mon entreprise ?
Comptez les salariés payés en dehors de la fourchette de leur propre poste, puis vérifiez qui est responsable du fichier et à quelle date il a été mis à jour. Une grille de salaires sans responsable identifié ni périmètre complet situe l’organisation au niveau 1, quelle que soit sa communication.
Faut-il publier les fourchettes de salaire dans les offres d’emploi ?
La directive 2023/970 impose d’informer les candidats sur la rémunération avant l’entretien, et l’étude Apec de novembre 2025 mesure que 46 pour cent des entreprises publient déjà systématiquement cette information. Publiez une fourchette que vous respecterez, puisqu’une borne dépassée en négociation devient une pièce écrite contre vous.
Quel écart de salaire déclenche une obligation de correction ?
L’article 10 de la directive déclenche une évaluation conjointe des rémunérations quand trois conditions se cumulent : un écart de niveau de rémunération moyen d’au moins 5 pour cent dans une catégorie de travailleurs, l’absence de justification objective, et l’absence de correction dans les six mois suivant la communication des données.
Un employeur peut-il demander le salaire actuel d’un candidat ?
La directive interdit à l’employeur de demander l’historique salarial d’un candidat, alors que 60 pour cent des entreprises interrogées par l’Apec le font encore systématiquement ou souvent. Une organisation dont la grille de salaires est écrite n’a pas besoin de cette information pour construire sa proposition.



