Couloir de bureaux bordé de cloisons entièrement vitrées, avec un espace de repos visible depuis l'extérieur

Loi transparence salariale : votre chantier a commencé par la fin

Le retard français se lit dans l'ordre des travaux engagés : l'affichage des fourchettes progresse pendant que les critères écrits et la catégorisation des emplois restent à construire. Votre seule variable d'ajustement se trouve dans cette séquence.

Une entreprise française sur deux a déjà tranché en faveur de l’affichage. L’Apec a interrogé six cents entreprises du privé en juin 2025, et elle mesure que 46 % d’entre elles publient systématiquement la rémunération dans leurs offres. La même enquête mesure que 60 % interrogent encore systématiquement ou souvent les candidats sur leur salaire actuel ou précédent.

Ces deux chiffres décrivent le même arbitrage, rendu dans le même service, à quelques mois d’intervalle. Les directions ont engagé la partie visible du dispositif et laissé en place la pratique que le texte interdit le plus clairement. Le retard français sur la loi transparence salariale se lit donc moins dans un manque de volonté que dans l’ordre choisi pour avancer.

Vous arbitrez à votre tour sur cette séquence. Continuer par les chantiers qui se voient coûte peu et produit des résultats présentables, alors que le chantier qui conditionne les autres demande entre six et dix-huit mois sans rien donner à montrer.

Le diagnostic courant Ce que mesurent les enquêtes La lecture que nous en faisons
Un retard de volontéLe commentaire dominant explique le retard sur la loi transparence salariale par la méconnaissance du texte, le manque de moyens des petites structures et l’attente du décret d’application. Un avancement très inégalLes mesures publiées montrent une avance nette sur l’affichage des rémunérations dans les offres et un retard marqué sur les grilles, les critères écrits et la connaissance précise du texte européen. Un retard de séquenceLe chantier a démarré par les obligations qui se voient, et le prérequis qui conditionne toutes les autres reste à écrire. Chaque mois passé sur la partie visible repousse d’autant la partie structurante.

Ce que les entreprises françaises ont construit en premier

L’avancement se concentre sur le recrutement. L’affichage d’une fourchette dans les offres progresse nettement, parce qu’il se décide dans un seul service et se met en œuvre en quelques semaines. Les obligations qui touchent la paie, la classification et les critères écrits avancent beaucoup plus lentement.

L’affichage dans les offres avance vite et ne coûte presque rien

Puisque l’annonce se rédige dans un seul outil, la décision se prend à un seul endroit. L’Apec mesure que parmi les entreprises qui affichent un salaire, 82 % privilégient une fourchette plutôt qu’un montant précis, et que 76 % estiment que les candidats cadres peuvent négocier au delà de cette fourchette affichée. L’affichage progresse donc sans engager grand chose, puisque la fourchette reste négociable.

Le sectoriel confirme cette lecture. La publication systématique atteint 50 % dans les services et tombe à 32 % dans l’industrie, écart qui tient davantage aux pratiques de recrutement de chaque secteur qu’à son degré de préparation réglementaire. Une entreprise de services qui recrute en continu affiche parce que le marché l’y oblige, et pas parce qu’un texte européen le lui demande.

Ce point mérite votre attention, car il fausse les classements de maturité. Un taux d’affichage élevé mesure une pratique de marché, et il ne dit rien de votre capacité à répondre à une demande d’information salariale dans les deux mois. Les deux sujets vivent dans des services différents et ne progressent pas au même rythme.

Vérifiez-le sur vos propres chiffres : comparez la date à laquelle votre service recrutement a commencé à publier des fourchettes avec la date à laquelle votre direction des ressources humaines a ouvert le sujet de la classification. Dans la plupart des organisations que nous rencontrons, plusieurs trimestres séparent les deux, et toujours dans le même sens.

La pratique interdite survit sous le chantier visible

Le chiffre le plus parlant de l’enquête porte sur une question posée en entretien. Six entreprises sur dix interrogent systématiquement ou souvent les candidats sur leur salaire actuel ou précédent, alors que le projet de loi français crée un article L. 1221-6 du code du travail interdisant explicitement ces questions. L’article 5 de la directive européenne pose la même interdiction depuis 2023.

Cette coexistence s’explique sans malveillance. Afficher une fourchette relève d’une décision de communication, et renoncer à connaître le salaire actuel d’un candidat relève d’une méthode de négociation que vos recruteurs ont apprise et pratiquent depuis des années. La première se change par une consigne, la seconde par un entraînement.

Elle a pourtant une conséquence directe sur votre exposition. Un candidat recruté en dessous de la fourchette affichée, après avoir révélé son salaire précédent, entre dans votre organisation avec un écart que rien ne justifie dans vos critères écrits. Cet écart deviendra visible le jour où sa catégorie produira une moyenne, et personne ne saura expliquer ce qui l’a fixé.

Le prérequis que presque personne n’a engagé

La démarche de conformité reste minoritaire. L’Apec mesure que 26 % des entreprises ont amorcé une démarche, dont 14 % au stade de la discussion et 12 % au stade des mesures concrètes. Les trois quarts restants n’ont pas commencé, et un tiers seulement connaît précisément le contenu du texte européen.

Un tiers des entreprises connaît précisément le texte

En pratique, la connaissance du texte conditionne tout le reste. Une entreprise sur deux déclare avoir entendu parler de la directive, alors que 33 % seulement en connaissent précisément le contenu, cette proportion montant à 44 % chez les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises contre 32 % dans les PME. L’écart entre la notoriété et la connaissance réelle mesure la distance entre une veille passive et un travail engagé.

Cette connaissance partielle produit une erreur de dimensionnement. Une direction qui a retenu du texte la fourchette dans l’offre et la déclaration d’indicateurs budgète un projet de communication et d’outillage. Une direction qui a lu l’article 4 de la directive budgète une refonte de classification, ce qui n’engage ni les mêmes personnes, ni les mêmes délais, ni le même ordre de grandeur.

Le décalage se paie au moment où la première demande arrive. Vous disposerez alors d’un délai que le décret plafonnera à deux mois pour produire une moyenne de rémunération par catégorie, ventilée par sexe, sur une catégorisation que vous n’aurez pas écrite. Deux mois ne suffisent pas à construire ce que dix-huit mois de chantier produisent.

Les grilles existent et restent hors d’atteinte des salariés

Le sujet des grilles salariales illustre le même décalage. Un tiers des PME et 51 % des grandes entreprises déclarent mettre des grilles à disposition de leurs salariés, pendant que deux tiers des cadres déclarent rencontrer des difficultés pour y accéder. Ces deux mesures portent sur le même objet et donnent des résultats opposés.

L’explication tient à la différence entre l’existence d’un document et son accessibilité réelle. Une grille rangée dans un espace partagé que personne ne consulte existe du point de vue de la direction et reste introuvable du point de vue du salarié. La loi transparence salariale ne se satisfera pas de cette existence formelle, puisqu’elle crée un droit à obtenir une réponse écrite dans un délai contraint.

Votre test interne tient en une question : demandez à trois de vos cadres de vous indiquer, sans aide, où se trouve la grille qui les concerne et quels critères déterminent leur position dedans. La réponse vous situera plus sûrement que n’importe quel classement sectoriel.

Cette différence entre le document et son accès décide ensuite du volume de demandes que vous recevrez. Puisque le texte européen impose d’informer chaque salarié une fois par an de son droit à l’information, vos équipes apprendront l’existence de ce droit par vous, et elles l’exerceront d’autant plus que vos grilles leur resteront opaques. Une organisation qui rend ses critères accessibles réduit donc le nombre de demandes écrites qu’elle aura à traiter.

Où en est le texte français et ce que son calendrier vous laisse

Le projet de loi existe et n’a pas encore été examiné. Il a été déposé au Sénat le 10 septembre 2026, avec une procédure accélérée engagée le même jour. Au 8 octobre, date de la dernière mise à jour du dossier législatif, aucune étape de commission ni de séance publique n’était inscrite.

Un texte déposé, une procédure accélérée et aucune date d’examen

Commençons par ce que le dossier dit exactement. La frise du dossier législatif affiche une première lecture au Sénat sans date, et elle ne comporte que deux étapes : le dépôt du texte et cette première lecture. L’engagement de la procédure accélérée limite la navette à une lecture par assemblée, ce qui raccourcit nettement le délai entre le premier examen et la promulgation.

Cette combinaison produit un effet que beaucoup de directions sous-estiment. Tant que rien n’est inscrit, le calendrier paraît lointain et le chantier se repousse sans coût apparent. Dès qu’une date d’examen tombe, la procédure accélérée transforme ce délai lointain en quelques semaines, et votre organisation se retrouve à devoir produire en urgence ce qu’elle avait le temps de construire.

Un repère chiffré figure déjà dans le texte européen : l’article 9 de la directive (UE) 2023/970 fixe la première communication de données au 7 juin 2027 pour les employeurs de 250 travailleurs et plus, à la même date pour ceux de 150 à 249 salariés avec une périodicité de trois ans, et au 7 juin 2031 pour ceux de 100 à 149 salariés. Ces échéances ne dépendent d’aucun décret français.

Le projet de loi transparence salariale descend sous les seuils européens

Le texte déposé va plus loin que le minimum européen sur un point précis. Il prévoit que dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, l’employeur déclare chaque année des indicateurs selon des modalités fixées par décret, avec un indicateur par catégorie déclaré tous les trois ans pour les entreprises de cinquante à deux cent quarante-neuf salariés. La directive, elle, laisse les employeurs de moins de cent travailleurs hors obligation.

Si vous dirigez une entreprise de cinquante à cent salariés, vous lisez donc le mauvais calendrier en vous fiant aux commentaires du texte européen. Votre obligation de déclaration naîtra du texte français, et votre indicateur par catégorie supposera une catégorisation écrite, exactement comme pour une grande entreprise.

Le texte prévoit une autre échéance qui vous concerne directement. Les organisations représentatives de branche doivent engager des négociations en vue de signer, dans un délai de six mois suivant la promulgation, un accord portant sur une méthode de catégorisation des salariés exerçant un travail de valeur égale. Ce délai court à partir d’une date que personne ne connaît encore, et il ne garantit aucun accord.

Retour d’expérience Glukoze

La question qui range les participants en deux groupes

Nous ouvrons nos sessions sur la transparence salariale par une question simple, posée aux participants avant tout exposé : dans votre organisation, qui a écrit les critères qui expliquent pourquoi deux personnes au même poste ne gagnent pas la même chose ? La salle se range alors en deux groupes nettement séparés.

Le premier groupe cite un document, un accord ou une grille, et il nous dit où ce document se trouve. Le second groupe cite une personne, presque toujours un responsable de la rémunération ou un dirigeant, et il ajoute que cette personne sait. Nous avons constaté que le second groupe compte régulièrement des entreprises très avancées sur l’affichage des salaires dans leurs offres, ce qui surprend chaque fois leurs propres équipes de recrutement.

Nous retenons de ces sessions que l’avancement visible et l’avancement structurant ne se présagent pas l’un l’autre. Une organisation peut publier ses fourchettes depuis deux ans et se trouver dans l’incapacité de répondre à la première demande écrite qu’elle recevra.

Trois façons de rattraper la séquence selon votre taille

Trois stratégies de rattrapage se rencontrent sur le terrain : le gel du chantier visible, la conduite en parallèle et la conformité minimale assumée. Chacune convient à une taille d’organisation et à un niveau de risque, et aucune ne convient à toutes.

Geler, mener en parallèle ou assumer le minimum

En pratique, le gel consiste à suspendre les travaux de communication et d’outillage pour concentrer la totalité de votre capacité sur la catégorisation. Il raccourcit le chantier structurant et il prive votre direction de tout résultat présentable pendant plusieurs trimestres. La conduite en parallèle maintient les deux fronts, elle rassure en interne et elle allonge mécaniquement le chemin critique.

La conformité minimale assumée consiste à traiter les obligations dont la date est connue et à différer la catégorisation jusqu’au décret. Elle se défend dans une organisation de petite taille, aux métiers homogènes et sans représentation syndicale active sur la rémunération. Elle devient très risquée dès que vos effectifs se répartissent entre des métiers dont la comparaison n’a jamais été posée.

StratégieÀ qui elle convientCe qu’elle vous coûteLe risque résiduel
Gel du chantier visibleEntreprises de plus de deux cent cinquante salariés, premières concernées par la déclarationAucun résultat présentable pendant deux à trois trimestresUne pression interne sur une équipe qui ne montre rien
Conduite en parallèleEntreprises de cinquante à deux cent quarante-neuf salariés, avec une équipe RH étofféeUn chemin critique allongé et des arbitrages de priorité permanentsLe chantier structurant qui cède à chaque urgence du chantier visible
Conformité minimale assuméePetites structures aux métiers homogènes, sans mixité de familles d’emploisPeu de moyens immobilisés et une décision à réviser au premier décretAucune réponse disponible le jour de la première demande écrite

Les signaux qui désignent votre stratégie

Quatre signaux internes vous orientent plus sûrement qu’un classement sectoriel.

  • La mixité de vos familles d’emplois : une organisation qui emploie des métiers à prédominance féminine et masculine dans des fonctions comparables porte le risque le plus direct sur la notion de valeur égale.
  • L’âge de vos écarts : plus votre ancienneté moyenne est élevée, plus les écarts se sont accumulés sans trace écrite, et plus la catégorisation révélera de corrections à financer.
  • L’activité de vos représentants du personnel sur la rémunération : des demandes groupées transforment un sujet réglementaire en sujet de dialogue social en quelques semaines.
  • Le volume de recrutement externe : plus vous recrutez, plus vos fourchettes publiées créent de points de comparaison opposables par vos salariés en place.

Ces quatre signaux se lisent ensemble et se combinent rarement de façon favorable. Une entreprise industrielle de deux cents salariés, à forte ancienneté et dotée d’une représentation active, cumule trois des quatre et ne peut pas se permettre la conformité minimale. Une société de conseil jeune, aux métiers homogènes et à faible recrutement, règle son sujet avec des moyens limités.

Ce que l’inversion de séquence coûte à vos managers

Vos encadrants paient le premier la séquence inversée. Ils héritent d’une fourchette publiée que leurs équipes comparent à leur propre salaire, sans disposer des critères qui expliquent la position de chacun. Ils se retrouvent donc à justifier une politique salariale dont personne ne leur a donné la règle.

La fourchette publiée arrive avant les critères écrits

Puisque l’offre d’emploi circule publiquement, elle circule aussi en interne. L’Apec mesure que 69 % des cadres consultent les salaires publiés dans les offres de leur propre entreprise, ce qui transforme chaque annonce en point de comparaison interne. Un salarié qui découvre une fourchette supérieure à son salaire pour un poste proche du sien se tourne naturellement vers son manager.

Or ce manager ne dispose d’aucun élément pour répondre. La même enquête mesure que 63 % des managers déclarent qu’ils auraient du mal à expliquer certaines différences de salaire dans leur équipe, et que 62 % anticipent des conflits liés à la transparence. Ces deux chiffres ne décrivent pas une réticence au dialogue, ils décrivent un manque de matériau.

La suite se devine sans difficulté. Faute de critère écrit, votre encadrant improvise une explication plausible, et cette explication devient la position de l’entreprise, puisque l’article 18 de la directive met à votre charge la preuve que les écarts reposent sur des critères objectifs. Nous avons développé ce mécanisme dans notre article consacré au fait que vos managers n’ont pas à expliquer ce que personne n’a écrit.

Un indicateur de retard que vous produisez vous-même

Les enquêtes nationales mesurent des déclarations, donc elles mesurent ce que les directions pensent de leur avancement. Votre organisation dispose pourtant d’un indicateur plus fiable, et elle l’a déjà sous la main : la part de vos effectifs couverts par des critères de rémunération écrits et accessibles. Ce taux se calcule en une journée à partir de vos propres documents.

Comparez ensuite ce taux à votre taux d’affichage dans les offres. Quand le second dépasse nettement le premier, vous mesurez directement l’inversion de séquence dans laquelle se trouve votre organisation, et vous savez quel chantier financer en premier. Quand les deux se tiennent, votre avancement est réel plutôt que visible.

Cet exercice ressemble à celui que nous recommandons sur d’autres indicateurs composites, où un chiffre unique additionne des réalités que rien ne rapproche. Nous l’avons montré à propos du taux de turnover qui additionne quatre décisions différentes. Un taux de conformité déclaré souffre exactement du même défaut, et il vous rassure d’autant plus qu’il mélange des chantiers de nature différente.

Le calcul que nous vous proposons se décompose en trois opérations : recenser les populations couvertes par un critère de rémunération écrit, vérifier que ce critère est accessible à l’intéressé, et rapporter le total à votre effectif. Le résultat ne figure dans aucune enquête nationale, et il vaut mieux que toutes, puisqu’il porte sur votre organisation plutôt que sur une moyenne sectorielle.

Commencez par lever le malentendu le plus répandu

Vos équipes croient que la transparence ouvrira les fiches de paie de leurs voisins ? Lisez notre article sur ce que vos salariés pourront réellement savoir des rémunérations de leurs collègues, qui détaille le droit créé et la décision que votre direction aura à rendre.

Outil gratuit

Diagnostic de préparation à la directive 2023/970

Évaluez votre niveau de préparation en 10 à 15 minutes

38 questions sur les 5 axes de la directive. Score personnalisé, profil de conformité et liste d’actions prioritaires, avec un bilan téléchargeable en PDF. Le diagnostic est 100 % confidentiel : aucune donnée n’est collectée, transmise ou stockée.

  • Axe 1Architecture des emplois et rémunération
  • Axe 2Transparence interne
  • Axe 3Transparence du recrutement
  • Axe 4Reporting et obligations déclaratives
  • Axe 5Audit conjoint et action corrective

Entreprises de 50 salariés et plus, sans cookie ni serveur.

Faire le diagnostic

Comment nous vous aidons à remettre la séquence à l’endroit

Nous intervenons sur la partie du chantier qui relève de la décision, du dialogue interne et de la préparation des encadrants. Nos formats servent à faire trancher l’ordre des travaux, puis à outiller la ligne managériale qui recevra les questions en premier.

Conférence sur l’état réel de la préparation française

Cette conférence de soixante à quatre-vingt-dix minutes s’adresse aux directions générales, aux directions des ressources humaines et aux réunions d’encadrement. Elle expose ce que les enquêtes mesurent réellement, elle distingue l’avancement visible de l’avancement structurant, et elle situe votre organisation sur les deux axes plutôt que sur un score global.

Elle s’appuie sur les sources primaires lues à leur publication, en écartant les reprises de seconde main qui circulent abondamment sur ce sujet. Elle existe en présentiel et à distance, en format exposé devant un large auditoire ou en format dialogué avec un groupe restreint de décideurs.

Atelier de remise en ordre de votre feuille de route

Cet atelier d’une demi-journée réunit vos responsables ressources humaines, paie et recrutement, puisque la séquence inversée naît précisément de la répartition des sujets entre ces trois fonctions. Il part de vos travaux engagés, il calcule votre écart entre avancement visible et avancement structurant, et il produit une séquence datée.

Il se termine sur la décision la plus difficile à prendre, celle d’arrêter ou de ralentir un chantier déjà lancé. Chaque participant repart avec la liste des travaux qui dépendent de la catégorisation, afin que votre direction mesure ce qu’elle gagne à les ordonner autrement.

Nos parcours managériaux prennent ensuite le relais, quand les critères existent et qu’il faut préparer vos encadrants à les porter. Nous travaillons alors sur les situations réelles que vos managers rencontreront, parce qu’une règle écrite ne se transmet pas par une note de service.

Nos communautés de managers servent enfin à faire circuler entre pairs les réponses qui tiennent devant une équipe. Une direction qui outille ses encadrants un par un obtient autant de formulations différentes qu’elle compte de managers, alors que la cohérence des réponses constitue précisément ce que la charge de la preuve vous demandera de démontrer.

La loi transparence salariale se prépare dans l’ordre inverse

Le retard dont tout le monde parle se mesure mal, parce que les enquêtes nationales additionnent des chantiers de nature différente. Votre organisation avance vite sur ce qui se décide dans un service, et lentement sur ce qui engage la classification, la paie et le dialogue social. La loi transparence salariale vous demande précisément le second.

L’ordre que nous recommandons tient en trois mouvements : écrire les critères qui expliquent la position de chacun, construire la catégorisation qui servira de base aux comparaisons, puis ouvrir vos données et former vos encadrants. Les organisations qui ont commencé par la fin n’ont rien perdu, à condition de reprendre maintenant par le début.

Le texte reste en attente d’examen, et la procédure accélérée transformera ce délai en quelques semaines dès qu’une date tombera. Le calendrier de la loi transparence salariale vous échappe entièrement, alors que l’ordre de vos travaux reste votre seule variable d’ajustement, et il suffit à faire la différence.

Questions fréquentes sur la loi transparence salariale

Où en est la transposition française de la directive ?

Le projet de loi a été déposé au Sénat le 10 septembre 2026, avec une procédure accélérée engagée le même jour. Au 8 octobre 2026, date de la dernière mise à jour du dossier législatif, aucune étape d’examen en commission ou en séance publique n’était inscrite.

À partir de quel effectif la déclaration d’indicateurs s’applique-t-elle ?

Le projet de loi français prévoit une déclaration annuelle dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, avec un indicateur par catégorie déclaré tous les trois ans entre cinquante et deux cent quarante-neuf salariés. La directive européenne, elle, laisse les employeurs de moins de cent travailleurs hors obligation.

Peut-on encore demander son salaire actuel à un candidat ?

L’article 5 de la directive l’interdit depuis 2023, et le projet de loi français crée un article L. 1221-6 du code du travail qui reprend cette interdiction. L’Apec mesure pourtant que 60 % des entreprises interrogent encore systématiquement ou souvent les candidats sur leur rémunération actuelle ou passée.

Par quel chantier faut-il commencer ?

Par les critères écrits qui expliquent la position de chaque salarié dans son emploi, puis par la catégorisation des travaux de valeur égale. Ces deux travaux conditionnent les réponses aux demandes d’information, le calcul des indicateurs et la défense de vos écarts en cas de contentieux.

Quelles sont les premières échéances de déclaration européennes ?

L’article 9 de la directive fixe la première communication au 7 juin 2027 pour les employeurs de 250 travailleurs et plus, chaque année ensuite. Les employeurs de 150 à 249 salariés déclarent à la même date, puis tous les trois ans, et ceux de 100 à 149 salariés à partir du 7 juin 2031.