
« Est-ce que je suis payé comme les autres ? » Vos salariés portent cette question depuis des années et la posent rarement à voix haute. L’article 7 de la directive (UE) 2023/970 va la rendre écrite, datée et opposable, puisque chaque travailleur pourra demander les niveaux de rémunération moyens ventilés par sexe des catégories comparables à la sienne, et recevoir votre réponse dans un délai de deux mois au plus tard.
Ce basculement laisse intacte la quantité de doutes qui circulent déjà dans vos équipes. Il désigne seulement qui doit les lever. Aujourd’hui, le salarié qui doute reconstitue seul une règle de calcul qu’il n’a jamais lue, à partir de ce qu’il entend dans les couloirs. Demain, vous lui fournirez cette règle par écrit, dans un délai compté, et sous une forme qu’il pourra opposer.
La confiance au travail se joue exactement dans ce transfert de la charge de la preuve. Vous allez donc la piloter avec un indicateur contre-intuitif : le nombre de demandes écrites que vous recevez, qui monte précisément quand votre dispositif fonctionne.
| LA QUESTION QUI DORT | CE QUE LA LOI DÉPLACE | LE SIGNAL DE RÉUSSITE |
|---|---|---|
| La confiance au travailLa confiance au travail repose sur une règle de rémunération que le salarié peut lire, vérifier et retrouver d’une année sur l’autre. Tant que cette règle reste implicite, chacun en reconstitue une version privée à partir de ce qu’il entend. | La charge de la preuveLe droit à l’information de la directive européenne oblige l’employeur à produire par écrit, dans un délai compté, les moyennes de rémunération des catégories comparables. Le doute cesse d’être un problème individuel et devient une obligation de réponse. | Le volume de demandesUne organisation qui ouvre correctement ses règles voit le nombre de demandes écrites augmenter. Le volume de questions traitées dans les délais mesure la solidité du lien bien mieux que le silence ambiant. |
Ce que vos salariés font quand la règle de calcul reste invisible
Un salarié qui ignore la règle de calcul de sa rémunération n’arrête pas de chercher une explication. Il en fabrique une, à partir de fragments entendus, de comparaisons partielles et d’anecdotes de couloir. Cette version privée circule, se renforce et finit par tenir lieu de vérité dans son équipe, sans qu’aucun service ne la voie jamais passer.
La version privée de la grille que chacun se fabrique
Commençons par l’ordre de grandeur du phénomène. L’étude Apec consacrée à la transparence salariale, parue en novembre 2025 auprès de 2 000 cadres du privé et de 600 entreprises, établit que près d’un cadre sur deux, 46 %, juge son entreprise opaque sur le sujet des salaires. Dans le même temps, 66 % des entreprises interrogées ne donnent accès à aucune grille salariale en interne.
Ces deux chiffres décrivent la même mécanique vue des deux côtés. Votre organisation détient une logique de rémunération, souvent documentée quelque part, et elle ne la met pas à disposition. Vos cadres en déduisent qu’il y a quelque chose à cacher, ce qui est rarement le cas, et ils comblent le vide avec les éléments dont ils disposent.
Le résultat est documenté par la même étude : 89 % des cadres chercheraient à renégocier leur salaire s’ils apprenaient qu’un collègue occupant le même poste gagne davantage. La réaction se déclenche donc sur l’information brute, avant toute explication, parce qu’aucune explication n’est disponible au moment où l’information circule.
Vous héritez ainsi d’un stock de convictions individuelles que la communication générale ne corrige jamais. Une note interne sur la politique de rémunération ne défait pas une conviction construite sur trois ans d’observation. Seule une donnée personnelle, adressée à la personne qui doute, produit cet effet.
Le coût de cette reconstitution pour vos managers
Vos managers encaissent ce travail de reconstitution sans en avoir les moyens. L’Apec mesure que 63 % des managers déclarent qu’ils auraient du mal à expliquer certaines différences de rémunération dans leur équipe. Près de deux sur trois se savent donc démunis sur la question la plus concrète de la relation de travail.
Cette situation produit trois conduites, et aucune ne vous arrange : le manager promet ce qu’il ne tiendra pas, parce qu’une promesse coûte moins cher sur le moment qu’un refus argumenté. Il renvoie vers la direction des ressources humaines, ce qui transforme chaque question en dossier. Ou il esquive, ce qui installe l’idée qu’il n’y a rien à dire. Nous avons consacré un article entier à la transformation du rôle du manager dans un dispositif de transparence.
Pourtant, la relation managériale française s’est améliorée sur la période récente. La Dares établit dans sa Dares Analyses n° 37 du 9 septembre 2026 que la part de salariés entretenant des rapports dégradés avec leur hiérarchie recule de 5 points entre 2016 et 2024, pour s’établir à 21 %, et que la mention d’un supérieur qui ne leur fait pas confiance perd 13 points sur la même période.
Vous disposez donc d’un capital relationnel en progression et d’un angle mort salarial qui ne bouge pas. Ces deux mouvements contraires expliquent pourquoi la question de la rémunération abîme si vite des relations par ailleurs correctes. Le manager tient son équipe sur tous les sujets où il dispose d’une règle, et il décroche sur le seul sujet où la règle lui est refusée.
Le droit à l’information déplace la charge de la preuve vers vous
Jusqu’à présent, le salarié qui soupçonnait un écart devait le démontrer avec des informations dont il ne disposait pas. Le droit à l’information renverse ce rapport : vous produisez la donnée comparative, par écrit, dans un délai compté, et votre silence devient en lui-même un élément du dossier.
Les quatre obligations concrètes de l’article 7
L’article 7 de la directive tient en quatre obligations enchaînées. Le travailleur peut demander par écrit son niveau de rémunération individuel et les rémunérations moyennes, ventilées par sexe, des catégories de travailleurs accomplissant le même travail ou un travail de valeur égale. L’employeur fournit ces informations dans un délai raisonnable, et au plus tard deux mois après la demande.
Deux dispositions complètent le mécanisme et disparaissent régulièrement des plans de conformité. L’employeur informe chaque année l’ensemble des travailleurs de l’existence de ce droit et des démarches à suivre pour l’exercer. Par ailleurs, les clauses contractuelles interdisant à un salarié de divulguer sa rémunération aux fins de l’égalité des rémunérations doivent être prohibées.
Cette obligation d’information annuelle mérite votre attention particulière. Elle transforme un droit dormant en droit rappelé, donc en droit exercé. Une organisation qui attendrait les demandes spontanées sous-estimerait de beaucoup le volume à traiter, puisque c’est elle-même qui devra chaque année en rappeler l’existence à tout le monde.
Ce que le projet de loi français ajoute au dispositif
Le texte français existe depuis le 10 septembre 2026. Le projet de loi n° 944 déposé au Sénat et son étude d’impact détaillent le dispositif article par article. Son article 1er renforce le droit à l’information des salariés sur les niveaux de rémunération moyens pratiqués dans l’entreprise, avec des mesures destinées à éviter la divulgation de données personnelles d’un salarié identifiable.
Deux points de ce texte pèsent directement sur votre organisation du travail. À partir de cent salariés, l’employeur doit consulter le comité social et économique s’il souhaite justifier ces écarts par des raisons objectives et non sexistes. Et son article 4 introduit l’interdiction de demander au candidat à un emploi des informations relatives à l’historique de rémunération.
Cette seconde disposition change votre économie de recrutement plus qu’il n’y paraît. Tant que vous connaissiez le salaire précédent d’un candidat, vous pouviez construire une proposition à partir de son passé. Désormais vous la construirez à partir de votre propre grille, ce qui vous oblige à en détenir une, et à savoir où chaque poste s’y situe.
Le délai de réponse applicable au secteur privé reste renvoyé à un décret en Conseil d’État, et l’étude d’impact ne le fixe pas. Nous le signalons parce que plusieurs plans de conformité circulent avec des échéances françaises présentées comme acquises, alors que le texte en discussion ne les porte pas encore.
L’indicateur de confiance qui monte au moment où tout va mieux
Le silence salarial se lit comme un signe de paix, et il mesure surtout la quantité de questions que personne n’ose formuler. Un dispositif qui fonctionne fait donc monter le nombre de demandes écrites pendant plusieurs trimestres. Votre pilotage doit donc porter sur le délai de réponse plutôt que sur le volume reçu.
Le silence reste un mauvais thermomètre
Prenons la lecture habituelle. Une direction qui ne reçoit aucune réclamation salariale en conclut que sa politique passe bien. Cette lecture suppose qu’un salarié mécontent se manifeste, or l’étude Apec montre l’inverse : 46 % des cadres jugent leur entreprise opaque, et cette proportion ne se traduit par aucun volume comparable de demandes formelles.
L’écart entre les deux chiffres mesure précisément ce que le silence vous cache. Vos salariés ne demandent pas parce qu’ils ne savent pas à qui demander, parce qu’ils anticipent une réponse évasive, ou parce qu’une demande de cette nature se paie en capital politique. Chacune de ces trois raisons disparaît le jour où le droit devient écrit et rappelé chaque année.
Vous devez donc préparer vos dirigeants à une montée des demandes, et surtout à l’interpréter correctement. Une hausse des demandes écrites après l’ouverture de vos règles signale que le canal fonctionne. Une stagnation à zéro signale que vos salariés continuent de passer par les couloirs, et que votre dispositif leur paraît décoratif.
Le délai de réponse comme unité de mesure
La directive vous donne deux mois au plus tard. Cette borne haute fixe votre obligation légale et constitue un mauvais objectif de pilotage, parce qu’une réponse arrivée au cinquante-huitième jour a déjà produit ses effets sur l’intéressé. Entre la question posée et la réponse reçue, le salarié continue de fabriquer sa version privée, et il y ajoute votre lenteur.
Nous proposons donc de suivre trois mesures ensemble, trimestre après trimestre :
- le nombre de demandes écrites reçues, rapporté à l’effectif concerné ;
- le délai médian de réponse, en jours ouvrés, puisque deux dossiers traités vite suffisent à embellir une moyenne ;
- la part des demandes auxquelles vous avez répondu par une donnée chiffrée plutôt que par un rappel de procédure.
La troisième mesure est la plus sévère et la plus utile. Une réponse qui explique comment la rémunération est construite sans donner la moyenne demandée ne satisfait pas la demande. Elle produit même un effet inverse, puisqu’elle démontre que la donnée existe et que vous avez choisi de ne pas la transmettre.
Vos équipes ressources humaines ont besoin de ces trois chiffres avant la première campagne de rappel annuel. Sans eux, vous découvrirez le volume réel en même temps que les délais seront dépassés. Avec eux, vous dimensionnez le dispositif sur des données observées plutôt que sur une hypothèse de calme.
Retour d’expérience Glukoze
Quarante-sept demandes en six semaines
Nous accompagnions la direction des ressources humaines d’une entreprise de services de 900 salariés sur la préparation de son droit à l’information. La direction générale redoutait une vague de contestation et voulait ouvrir le canal le plus tard possible, après la campagne d’augmentations. Nous avons proposé l’inverse, avec un test sur une seule division de 180 personnes.
Quarante-sept demandes écrites sont arrivées en six semaines, soit un quart de la division. Le chiffre a d’abord été reçu comme une mauvaise nouvelle en réunion de direction. La lecture des demandes a changé l’interprétation : trente-neuf portaient sur la méthode de classement du poste, et huit seulement sur un écart soupçonné avec un collègue identifié. Les salariés ne contestaient pas un montant, ils cherchaient la règle.
Mesurez la nature des demandes avant leur volume : une majorité de questions de méthode signale un déficit d’explication que vous pouvez combler en quelques semaines, tandis qu’une majorité de comparaisons nominatives signale un problème d’équité que seule une correction budgétaire résoudra.
Comment arbitrer entre ouvrir vite et ouvrir juste
Trois voies s’offrent à vous pour ouvrir vos règles de rémunération, et elles n’engagent ni le même budget ni le même risque : l’ouverture par la grille publie l’architecture, l’ouverture par la réponse traite les demandes individuelles et l’ouverture par la correction budgétaire règle les écarts d’abord. Vos contraintes décident laquelle vient en premier.
Trois façons d’ouvrir vos règles de rémunération
Comparons-les sur les quatre critères qui décident réellement en réunion de direction : le délai de mise en œuvre, le budget à provisionner, le risque social immédiat et l’effet sur la charge des managers.
| Voie d’ouverture | Délai réaliste | Budget à provisionner | Effet sur vos managers |
|---|---|---|---|
| Publier l’architecture des emplois et les fourchettes | Six à douze mois, le temps de la pesée des postes | Faible au départ, élevé dès que les écarts apparaissent | Charge forte et concentrée sur le trimestre de publication |
| Répondre aux demandes individuelles sans publier la grille | Deux à quatre mois, le temps d’outiller la fonction RH | Faible, étalé sur les cas traités | Charge diffuse et permanente, difficile à dimensionner |
| Corriger les écarts injustifiés avant toute ouverture | Douze à dix-huit mois selon le nombre de catégories | Élevé et immédiat, négocié en amont | Charge faible, puisque les cas difficiles sont déjà traités |
Aucune de ces trois voies n’est la bonne dans l’absolu. La troisième protège vos managers et coûte cher tout de suite. La deuxième coûte peu et expose durablement vos encadrants. La première produit le signal le plus lisible pour vos équipes et impose le calendrier le plus serré.
Trois entreprises françaises ont déjà tranché cet arbitrage, et leurs choix se lisent comme trois réponses différentes à la même question. Thermador Groupe communique les salaires de chacun à ses collaborateurs depuis sa création en 1968, avec les résultats de l’entreprise et une redistribution d’une partie des bénéfices, comme le rapporte Le Journal des Entreprises. La transparence y précède la grille, puisqu’elle en constitue le principe fondateur.
Alan a choisi la deuxième voie et l’a poussée jusqu’au bout. L’assureur explique sur son propre site que ses salaires sont transparents et non négociables, et que sa grille récompense l’expérience et le niveau d’impact de chaque membre de l’équipe. Il reconnaît également le coût de ce choix, puisque la règle lui a fait perdre des candidats qui voulaient négocier.
Manutan a suivi la troisième voie, en identifiant ses écarts salariaux et en provisionnant leur correction avant de rendre les données accessibles. Son directeur des ressources humaines résumait la mécanique dans un reportage de Franceinfo : plus une organisation reste opaque, plus ses collaborateurs ont le sentiment qu’elle leur cache quelque chose.
Les critères qui décident à votre place
Deux éléments de contexte tranchent plus souvent que la préférence des dirigeants. Le premier est l’état de votre référentiel d’emplois : sans catégories de travail de valeur égale documentées, la publication d’une grille produit des comparaisons fausses que vous passerez un an à démentir. Le second est la santé du dialogue social, puisque la consultation du comité social et économique devient obligatoire dès que vous voulez justifier un écart. Nous avons détaillé ailleurs la pesée des postes et la construction d’un référentiel d’emplois, qui conditionne la validité de toute comparaison.
Un troisième élément pèse rarement dans les arbitrages et mériterait d’y entrer : la capacité de votre fonction ressources humaines à absorber un flux de demandes écrites pendant douze mois. Une équipe de trois personnes pour deux mille salariés tiendra le premier trimestre et décrochera au deuxième. Le délai médian se dégradera avant que quiconque le remarque.
Nous observons que les organisations les plus à l’aise au moment de l’ouverture sont celles qui ont traité la question dans cet ordre : d’abord les catégories, ensuite les écarts, enfin la communication. Celles qui commencent par la communication se retrouvent à expliquer des écarts qu’elles n’ont pas encore mesurés, devant des salariés qui disposent désormais d’un droit écrit.
Avant d’ouvrir, mesurez ce que vous allez exposer
Vos écarts sont-ils explicables aujourd’hui ? Testez votre préparation sur les cinq axes de la directive et lisez ensuite les cinq échecs types d’une transparence salariale menée sans confiance préalable pour savoir lequel vous guette en premier.
Les décisions à prendre avant votre première réponse écrite
Quatre décisions conditionnent la qualité de vos réponses, et elles se prennent toutes avant la première demande : elles portent sur le découpage des catégories, sur le seuil de confidentialité, sur la personne qui signe la réponse et sur le budget de correction. Les reporter revient à les laisser trancher par le premier dossier difficile.
Quatre décisions dans l’ordre
L’ordre compte autant que le contenu, parce que chaque décision contraint la suivante.
- Arrêter le découpage des catégories de travail de valeur égale, puisque c’est lui qui détermine à quelle moyenne un salarié sera comparé. Un découpage large dilue les écarts et produit des réponses que personne ne croit.
- Fixer l’effectif minimum d’une catégorie en dessous duquel vous ne communiquez pas de moyenne, pour éviter la divulgation de données personnelles d’un salarié identifiable.
- Désigner qui signe la réponse. Une signature de la direction des ressources humaines protège le manager et l’écarte du dialogue. Une signature du manager l’expose et installe la conversation au bon endroit.
- Provisionner le budget de correction avant la première campagne de rappel annuel, parce que les demandes feront apparaître des écarts que vous devrez traiter dans l’exercice en cours.
La deuxième décision mérite un mot de plus. Un seuil fixé trop haut vous dispense de répondre dans la plupart des cas et vide le dispositif de sa substance. Un seuil fixé trop bas expose des individus identifiables et vous met en difficulté sur le terrain des données personnelles.
Ce que la confiance au travail vous coûte réellement
Tout déplacement de ce type impose un renoncement, et celui-ci en impose trois. Vous renoncez d’abord à la latitude de recrutement que vous donnait la connaissance du salaire précédent d’un candidat, interdite par l’article 4 du projet de loi. Vous payez ensuite la correction des écarts que vos réponses rendront visibles.
Vous renoncez enfin au confort d’un indicateur qui baisse : pendant deux ou trois ans, votre tableau de bord affichera une hausse des demandes, et vous devrez expliquer à vos dirigeants que cette hausse constitue la preuve du bon fonctionnement. Cette conversation est la plus difficile du dispositif, et elle arrive au premier comité de direction qui suit l’ouverture.
Le gain se situe exactement en face de ces trois coûts. Vos managers cessent d’arbitrer seuls des situations qu’ils ne savent pas expliquer, puisque la règle existe et qu’elle est écrite. Vos salariés cessent de fabriquer une version privée, puisqu’ils disposent de la vraie, et vos leviers d’engagement des collaborateurs reposent enfin sur une base vérifiable. Et votre organisation découvre ses incohérences par ses propres réponses, à un moment qu’elle choisit, plutôt que par un contentieux.
Une précision pour finir sur ce point. L’écart de salaire net moyen entre les femmes et les hommes atteint 13,0 % en équivalent temps plein dans le secteur privé en 2024 selon l’Insee Première n° 2079 du 23 octobre 2025. Vos réponses individuelles rencontreront donc cet écart quelque part dans votre organisation, et la question n’est pas de savoir si vous le découvrirez, mais devant qui.
Comment nous vous aidons à installer une confiance vérifiable
Nos interventions sur ce sujet partent toujours du même constat de terrain : vos dirigeants redoutent le volume de demandes et vos managers redoutent la première conversation. Nous traitons les deux craintes séparément, avec deux formats distincts.
Une conférence pour vos dirigeants et vos équipes RH
Cette conférence de soixante à quatre-vingt-dix minutes s’adresse aux journées de direction et aux séminaires ressources humaines. Elle expose le mécanisme de transfert de la charge de la preuve, les trois voies d’ouverture et leurs coûts respectifs, l’indicateur de volume et de délai à installer dans votre tableau de bord, et les quatre décisions à prendre avant la première réponse écrite. Elle se tient en présentiel ou à distance.
Un atelier sur vos propres catégories d’emplois
Cet atelier d’une demi-journée réunit vos équipes ressources humaines et une sélection de managers. Il part de votre référentiel réel, teste le découpage de vos catégories sur des cas concrets de votre organisation, fixe votre seuil de confidentialité et dimensionne la charge de traitement sur douze mois. Vous en sortez avec un ordre de passage daté et un budget de correction chiffré.
Nos parcours managériaux intègrent par ailleurs un module de conversation salariale, construit sur votre grille et vos cas réels, pour les organisations qui ouvrent leurs règles dans l’année.
La confiance au travail se lit dans votre délai de réponse
Le droit à l’information ne vous demande pas d’être irréprochable. Il vous demande de répondre, par écrit, dans un délai compté, à une question que vos salariés se posent déjà. Cette obligation déplace la charge de la preuve de celui qui doute vers celui qui décide, et c’est tout son effet.
Vous saurez que votre dispositif tient le jour où le nombre de demandes montera pendant que leur délai de traitement baissera. Jusque-là, le silence de vos équipes mesure votre tranquillité, et rien d’autre. La confiance au travail se construit dans ce délai de réponse, trimestre après trimestre, et elle se perd en une demande restée sans réponse.
Questions fréquentes sur la confiance au travail
Un salarié peut-il exiger de connaître le salaire d’un collègue ?
Non. L’article 7 de la directive (UE) 2023/970 ouvre un droit aux rémunérations moyennes, ventilées par sexe, des catégories de travailleurs comparables, jamais au montant individuel d’une personne identifiable. Le projet de loi français prévoit d’ailleurs des mesures destinées à éviter cette divulgation.
Dans quel délai faut-il répondre à une demande écrite ?
La directive impose un délai raisonnable et au plus tard deux mois après la demande. Le délai applicable au secteur privé français sera précisé par décret. Pour la confiance au travail, le délai médian réellement tenu compte davantage que la borne légale, puisque le salarié interprète votre lenteur comme une réponse.
Faut-il corriger les écarts avant de publier les fourchettes ?
Corriger d’abord coûte plus cher et protège vos managers, puisque les cas difficiles sont traités avant d’être exposés. Publier d’abord coûte moins cher et expose durablement vos encadrants. Votre référentiel d’emplois et l’état de votre dialogue social tranchent cet arbitrage mieux qu’une règle générale.
Peut-on encore demander son salaire actuel à un candidat ?
L’article 4 du projet de loi n° 944 introduit l’interdiction de demander au candidat des informations relatives à son historique de rémunération. Votre proposition d’embauche devra donc se construire sur votre propre grille, ce qui suppose que cette grille existe et que vous sachiez y situer chaque poste.
Combien de demandes écrites faut-il prévoir la première année ?
Aucune donnée publique ne le mesure encore en France. L’obligation d’information annuelle sur l’existence du droit laisse attendre un volume nettement supérieur à celui des réclamations spontanées actuelles. Dimensionnez votre fonction ressources humaines sur un test mené dans une division avant de généraliser.
Outil gratuit
Diagnostic de préparation à la directive 2023/970
Évaluez votre niveau de préparation en 10 à 15 minutes
38 questions sur les 5 axes de la directive. Score personnalisé, profil de conformité et liste d’actions prioritaires, avec un bilan téléchargeable en PDF. Le diagnostic est 100 % confidentiel : aucune donnée n’est collectée, transmise ou stockée.
- Axe 1Architecture des emplois et rémunération
- Axe 2Transparence interne
- Axe 3Transparence du recrutement
- Axe 4Reporting et obligations déclaratives
- Axe 5Audit conjoint et action corrective


