Fin 2023, 62 % des apprentis préparent un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 2 % en 1992. Vos alternants s’installent donc surtout dans des fonctions de bureau : gestion, marketing, finance ou ressources humaines. Or le tutorat en alternance repose sur une hypothèse héritée de l’atelier : le débutant apprend en regardant travailler son tuteur.

Dans une fonction de bureau, le travail se déroule dans la tête et sur un écran. Il produit des arbitrages et des documents, mais il offre très peu de choses à regarder à la personne assise à côté. Vos tuteurs héritent donc d’une mission que personne ne leur a décrite : rendre visible une activité qui ne se montre jamais d’elle-même.
Avant de signer votre prochain contrat, vous avez une question à trancher pour chaque poste d’accueil : ce poste offre-t-il assez de travail observable pour qu’un débutant y apprenne son métier ? La réponse engage votre budget d’alternance, la charge de vos tuteurs et le risque d’une rupture en cours de contrat.
| Ce que le dispositif suppose | Ce que le poste offre | Le déplacement |
|---|---|---|
| Un travail qui se regardeLe tutorat en alternance s’est construit dans des métiers où le geste sert de support d’apprentissage. Le débutant apprend en voyant faire, puis en refaisant sous le regard de son tuteur. | Un travail qui se passe dans la têteLes fonctions de bureau produisent des arbitrages, des analyses et des documents. Le raisonnement qui les fabrique reste invisible, donc le tuteur doit expliciter une activité dépourvue de support visuel. | Compter les situations observablesLa réussite d’un contrat d’alternance dépend moins du nombre d’alternants accueillis que de la nature du poste d’accueil. Un poste transmet la part de son activité qu’un tiers peut suivre pendant son déroulement. |
Ce que le tutorat suppose du poste qui accueille l’alternant
Le tutorat que vous financez repose sur une séquence héritée des métiers manuels : voir faire, refaire sous contrôle et produire en autonomie. Chacune de ces étapes exige une activité visible pendant son déroulement. Un poste sans situation observable rend donc cette séquence impossible, quelles que soient les qualités de votre tuteur.

La séquence d’apprentissage héritée des métiers du geste
Pour comprendre ce qui se grippe dans vos bureaux, il faut revenir à l’atelier, où cette séquence a pris forme. L’apprenti s’y place à côté du tuteur et suit une opération du début à la fin. Il voit la posture, l’ordre des gestes, les hésitations et les corrections, si bien qu’une part importante du savoir passe sans aucune explication.
Le tuteur intervient ensuite sur ce que l’apprenti refait à son tour, en corrigeant un mouvement ou l’ordre d’une opération. Parce que la correction porte sur un acte visible par les deux personnes, l’apprenti en saisit le sens sans délai.
Cette pédagogie a une vertu rarement soulignée : elle ne demande au tuteur aucune compétence de formateur. Elle lui demande seulement de travailler normalement en acceptant le regard d’un débutant. C’est précisément cette économie de moyens qui disparaît dans vos fonctions de bureau.
Le travail invisible, un problème déjà identifié par la recherche
Cette limite de l’atelier a déjà retenu l’attention des chercheurs en éducation. En 1991, Collins, Brown et Holum ont décrit l’apprentissage cognitif (cognitive apprenticeship), un modèle d’enseignement qui cherche à rendre audibles les raisonnements d’un expert. Leur constat de départ tient en une phrase : dans l’apprentissage traditionnel, les processus du travail sont visibles, alors que les processus de pensée restent souvent invisibles pour l’apprenant.
Leur réponse consiste à faire entendre à l’apprenant comment l’expert résout la tâche, quelles stratégies il emploie et pour quelles raisons, comme le rappelle la relecture de ce modèle publiée par Paul Kirschner et Carl Hendrick dans la revue américaine American Educator. Le modèle visait d’abord l’école américaine, donc sa transposition à vos services demande une adaptation.
Nous en retenons un principe simple pour vos postes d’accueil : un raisonnement que personne ne verbalise reste hors de portée d’un débutant, quelle que soit la durée de sa présence dans le service. Autrement dit, la proximité physique entre un alternant et son tuteur ne garantit aucune transmission.
Ce que le travail de bureau cache à un alternant
Transposé dans vos services, ce principe éclaire une scène familière. Un chargé d’études, un contrôleur de gestion ou un responsable du recrutement produit des décisions et des documents. L’essentiel de son travail consiste à écarter des options, à pondérer des contraintes et à choisir un angle, et ces opérations se déroulent en silence devant un écran.
Votre alternant assis à côté voit une personne qui tape, qui lit et qui bascule entre plusieurs fenêtres. En revanche, il ne voit ni le raisonnement, ni les options rejetées, ni la raison du choix final.
Cette scène se répète désormais à grande échelle. L’Insee dénombre 1 021 500 apprentis fin 2023, un effectif qui a plus que doublé entre 2019 et 2023, alors que la part du CAP est tombée à 19 % des apprentis. Vos pratiques de tutorat, elles, gardent le plus souvent la forme conçue pour l’atelier.
Le rythme de vos postes complique encore l’exercice. L’enquête Conditions de travail de la Dares, reprise par l’Insee, établit que 66 % des salariés doivent s’interrompre pour effectuer une tâche non prévue. Or une activité hachée de cette manière se découpe en séquences trop courtes pour qu’un débutant en suive le fil.
La grille du poste d’accueil, à remplir avant la signature du contrat
La grille du poste d’accueil recense ce que votre alternant pourra voir, refaire et produire seul pendant son contrat. Le manager du service la remplit avec le futur tuteur, et votre service formation intervient ensuite, puisque la grille décrit le contenu réel du travail et l’emploi du temps du tuteur.
Les quatre lignes de la grille avant tout recrutement
Concrètement, quatre lignes suffisent pour savoir si un poste peut accueillir un alternant dans de bonnes conditions. Vous les remplissez en une trentaine de minutes avec votre futur tuteur, à partir de son agenda des quatre dernières semaines et de ses livrables récents :
- les actes de travail que l’alternant pourra voir se dérouler, avec leur fréquence hebdomadaire réelle ;
- les moments où le tuteur accepte de travailler à voix haute, en commentant ce qu’il écarte et pour quelles raisons ;
- les livrables que l’alternant produira seul dès le premier trimestre, avec leur destinataire interne ;
- les réunions auxquelles il assistera en observation, et celles qui lui restent fermées, avec la raison écrite.
Une grille vide sur les deux premières lignes vous signale un poste qui ne transmet rien en l’état. Vous pouvez recruter malgré tout, mais la promesse d’apprentissage faite au candidat devient alors difficile à tenir, et mieux vaut la reformuler avant la signature.
Nous vous recommandons de conserver la grille remplie dans le dossier de l’alternant. Elle sert ensuite de référence au premier point de suivi, car elle permet de comparer ce qui était prévu avec ce que l’alternant a réellement vu pendant ses premières semaines.
Le travail à voix haute, une charge absente des budgets
Cette grille repose sur un effort précis : pour rendre visible un raisonnement, votre tuteur doit le verbaliser au moment de sa construction. Cette pratique ralentit l’exécution et expose sa manière de faire au regard d’un débutant. Pourtant, aucune fiche de poste ne prévoit cette charge, et elle occupe rarement une place dans les formations de tuteur.
Le Céreq a documenté cette charge à partir de la base nationale Evrest 2021-2022. Parmi les salariés qui exercent un rôle de tuteur, 46 % déclarent dépasser leurs horaires normaux, contre 30 % des autres salariés. De même, 27 % disent traiter souvent ou très souvent trop vite une opération qui demanderait plus de soin, contre 17 % des autres.
L’ampleur du phénomène compte aussi pour votre planification : selon la même étude, plus d’un quart des salariés interrogés ont exercé un rôle de tuteur ou de formateur au cours des douze derniers mois. Autrement dit, la charge que vous laissez hors des emplois du temps touche une part importante de vos équipes.
L’unité de pilotage : les actes observables par semaine
Pour piloter ce premier levier, nous vous proposons de compter les actes de travail observables par semaine dans chaque poste d’accueil. Un acte observable répond à trois conditions :
- il dure assez longtemps pour qu’un tiers en suive le déroulement ;
- il se termine par un résultat identifiable ;
- un tiers peut y assister sans gêner la personne à l’ouvrage.
Vous réalisez ce comptage à partir de l’agenda du tuteur et de ses livrables, sans outil nouveau. Lorsqu’un poste descend sous deux actes observables par semaine, il appelle une décision de votre part avant l’arrivée de l’alternant.
Nous vous conseillons enfin de relever ce chiffre à l’échelle du service, car la variable dépend du type de travail bien davantage que de la bonne volonté de la personne désignée.
Le tutorat garde un modèle d’atelier dans des métiers de bureau
La grille corrige beaucoup de situations, mais elle laisse intacte une question de fond. Vos indicateurs comptent des alternants accueillis, des tuteurs désignés et des heures financées. Pourtant, la variable qui décide de la réussite du contrat reste la part observable du travail dans lequel vous placez l’alternant.

Ce que compte aujourd’hui un tableau de bord du tutorat en alternance
Regardez d’abord ce que suivent vos tableaux de bord : le nombre de contrats signés, le taux de rupture, le coût par alternant et le taux de transformation en embauche. Ces indicateurs pilotent votre volume et votre budget, mais aucun ne renseigne sur la capacité du poste à transmettre un savoir.
Parmi eux, le taux de rupture approche le plus la question, sans jamais y apporter de réponse. En effet, il signale un échec déjà consommé, longtemps après le moment où vous auriez pu corriger le poste d’accueil. Le taux de transformation souffre du même défaut, puisqu’il se calcule à la fin du contrat, quand le poste a déjà produit tous ses effets sur l’alternant.
Imaginez une entreprise qui accueille trente alternants dans des postes sans situation observable. Elle obtiendra trente expériences pauvres et un taux de transformation médiocre, alors que son tableau de bord restera au vert jusqu’au bilan de fin de contrat.
La part observable du travail, une variable à la main des managers
La part observable d’un poste désigne la fraction de son activité qu’un tiers peut suivre en direct. Elle varie fortement d’un service à l’autre, et vous la modifiez par des décisions d’organisation ordinaires, sans toucher au contenu du métier ni au niveau d’exigence.
Trois leviers augmentent rapidement cette part :
- confier la relecture d’un dossier à deux personnes au lieu d’une seule ;
- ouvrir une réunion d’arbitrage à un observateur ;
- demander à un expert de commenter à voix haute une analyse habituellement conduite en solo.
Ces leviers profitent à toute votre équipe, et l’alternant en est loin d’être le seul bénéficiaire. Notre article sur la circulation des savoirs avant le départ de celui qui sait traite le même mécanisme chez les experts confirmés.
Ce que vous perdez en rendant le travail observable
Ce déplacement a un prix, et vous le payez d’abord en vitesse d’exécution. Un dossier relu à deux prend plus de temps qu’un dossier traité seul, et un expert qui commente son raisonnement avance à un rythme plus lent. Comme cette perte se mesure en heures productives, elle apparaît vite dans les arbitrages de vos managers.
Le second coût touche à l’image professionnelle de vos experts. Montrer son travail expose une manière de faire au regard d’un débutant, et beaucoup de professionnels préfèrent livrer un résultat que dévoiler leur méthode.
Une direction qui refuse ces deux coûts garde sa productivité et renonce à transmettre par le poste. Ce choix reste défendable, à condition que vous le posiez explicitement au lieu d’en laisser le poids aux tuteurs.
Retour d’expérience Glukoze
Douze alternants, deux services et une seule promesse tenue
Nous accompagnions la direction des ressources humaines d’un groupe de distribution qui accueillait douze alternants du supérieur : six en logistique et six au siège, sur des fonctions marketing et achats. Le dispositif de tutorat était identique des deux côtés, avec la même formation de tuteur d’une journée et la même trame de suivi.
À mi-parcours, nos entretiens donnaient deux images opposées. Les alternants de la logistique décrivaient précisément ce qu’ils avaient appris et auprès de qui, en citant des situations vues sur la plateforme. Ceux du siège parlaient de leurs propres livrables, mais aucun ne savait décrire la méthode de travail de son tuteur.
En reprenant les agendas, nous avons compté chez les tuteurs du siège moins d’une heure hebdomadaire de travail réellement partagé avec l’alternant, entre réunions fermées et production individuelle sur écran. La direction a alors ouvert deux réunions d’arbitrage par semaine aux alternants et instauré une relecture à deux sur les dossiers d’achat.
L’enseignement concerne le poste d’accueil avant le tuteur : un même dispositif produit des résultats opposés selon la part du travail que le poste rend visible, et quelques décisions d’organisation suffisent à corriger cette part.
Comment choisir un dispositif de tutorat selon vos métiers
Trois dispositifs s’offrent à vous : le tuteur unique, le binôme de tutorat et le collectif d’accueil. Ils n’exigent pas le même investissement et ne conviennent pas aux mêmes métiers. Votre critère de choix reste la part observable du travail dans le service concerné, avant la taille de l’équipe ou le budget disponible.
Trois dispositifs comparés sur leurs exigences
Pour arbitrer, comparez les trois dispositifs sur la charge portée par le tuteur, le type de métier auquel ils conviennent et leur risque principal. Dans la plupart des entreprises, vous gagnerez à en combiner deux selon vos services.
| Dispositif | Charge pour le tuteur | Métiers adaptés | Risque principal |
|---|---|---|---|
| Tuteur unique désigné | Élevée, portée par une seule personne | Métiers où le travail est visible et continu | Rupture du parcours si le tuteur change de poste |
| Binôme de tutorat | Partagée entre un référent métier et un référent parcours | Fonctions de bureau avec production individuelle | Dilution de la responsabilité entre les deux référents |
| Collectif d’accueil de service | Répartie sur l’équipe, faible par personne | Services à forte interdépendance et travail en dossiers partagés | Absence de suivi individualisé de la progression |
Le binôme de tutorat mérite une précision, car il répond directement au problème des fonctions de bureau. Le référent métier ouvre ses dossiers et commente ses arbitrages, tandis que le référent parcours suit la progression et le lien avec l’école. Cette répartition allège la charge du premier, donc elle rend le travail à voix haute plus soutenable dans la durée.
Les signaux qui annoncent une rupture de contrat
Quatre signaux apparaissent dès le premier trimestre et précèdent la plupart des ruptures que nous observons en mission. Comme ils concernent le poste d’accueil, vous pouvez les corriger avant toute dégradation de la situation :
- l’alternant ne sait pas décrire la méthode de son tuteur sur une tâche courante ;
- ses missions se limitent aux tâches délaissées par le reste de l’équipe ;
- le tuteur reporte plus d’un point de suivi sur deux ;
- aucun livrable de l’alternant n’a de destinataire interne identifié.
Dès que deux signaux sur quatre apparaissent, reprenez la grille du poste d’accueil avec le manager. La correction porte alors sur les missions confiées et sur les situations d’observation, et la motivation de l’alternant reste hors du diagnostic à ce stade.
Ces signaux ont un intérêt pratique pour vos équipes RH : ils se relèvent au cours d’un entretien court avec l’alternant, sans questionnaire ni outil dédié. Vous disposez ainsi d’une alerte précoce, bien avant qu’une demande de rupture n’arrive sur votre bureau.
Ce qu’il faut demander à un partenaire de formation
Une formation de tuteur limitée au cadre réglementaire et aux étapes du parcours vous laisse le problème entier. Le partenaire utile travaille sur le poste d’accueil : il aide le manager à repérer ses situations observables, et il accepte de conclure qu’un poste ne permet aucune transmission en l’état.
Cette conclusion déplaît, mais elle protège l’alternant autant que votre entreprise. En effet, un contrat signé sur un poste incapable de transmettre produit soit une rupture, soit une expérience creuse.
Posez donc une question simple lors de votre prochaine consultation : le partenaire propose-t-il d’examiner vos postes avant de former vos tuteurs ? Nous traitons ce sujet dans la continuité de notre travail sur la réserve d’apprentissage des plus jeunes et les tâches qui la constituaient, qui aborde le même problème sous l’angle de la disparition des tâches simples.
Donnez un cadre durable à vos transmissions
Vous accueillez des alternants chaque année sans capitaliser d’une promotion à l’autre ? Découvrez notre modèle de campus de la connaissance pour organiser la transmission des savoirs à l’échelle de l’entreprise, et sortez d’un tutorat traité poste par poste.
Comment nous pouvons vous aider à préparer vos postes d’accueil
Nous abordons l’alternance par le poste et par le manager, avant d’en venir au tuteur. Nos interventions produisent une lecture service par service de ce que votre travail rend visible, ainsi qu’une grille de préparation utilisable dès votre prochaine campagne de recrutement.
Un diagnostic de la part observable par service
Nous partons des agendas et des livrables des tuteurs pressentis pour compter les situations d’observation réellement disponibles. Ce diagnostic répartit vos services en trois catégories :
- les services prêts à accueillir un alternant ;
- les services prêts après quelques décisions d’organisation ;
- les services qui gagneraient à suspendre le recrutement d’alternants pour la campagne en cours.
Le livrable tient en une page par service : il indique le nombre d’actes observables par semaine et les deux ou trois décisions qui favorisent sa hausse.
Un atelier pour les managers qui accueillent des alternants
Nous animons aussi un atelier court destiné aux managers de service, centré sur l’explicitation du travail invisible. Les participants y travaillent sur leurs propres dossiers, afin de commenter un arbitrage au moment de le rendre et de transformer une production individuelle en situation partagée.
Cet atelier profite à toute l’équipe au-delà du seul alternant. Il prolonge nos travaux sur la maturité des pratiques d’encadrement, détaillés dans notre analyse des cinq niveaux de maturité managériale.
Le tutorat en alternance se décide dans le poste d’accueil
La grille du poste d’accueil se remplit en une trentaine de minutes, et elle tranche une question que vos recrutements posent rarement : ce poste permet-il à quelqu’un d’apprendre son métier ?
Le déplacement porte plus loin que la grille. Votre entreprise transmet la part de son travail qu’un débutant peut voir en train de se faire, et vous pilotez cette part par des décisions d’organisation ordinaires, bien davantage que par des heures de formation de tuteur.
Vous jugerez donc la réussite du tutorat en alternance moins au nombre de contrats signés qu’à la quantité de situations observables que vos postes d’accueil offrent chaque semaine.
Questions fréquentes sur le tutorat en alternance
Quelles sont les missions d’un tuteur en entreprise ?
Le tuteur organise les situations dans lesquelles l’alternant voit faire, refait sous contrôle et travaille en autonomie. Sur un poste de bureau, cette mission suppose de verbaliser un raisonnement pendant sa construction, ce qui représente une charge réelle à inscrire dans son emploi du temps.
Comment préparer l’arrivée d’un alternant en entreprise ?
Remplissez avant la signature du contrat une grille qui recense quatre éléments : les actes de travail observables, les moments de travail à voix haute, les livrables confiés dès le premier trimestre et les réunions ouvertes en observation. Une grille vide sur les deux premières lignes signale un poste sans capacité de transmission.
Faut-il un tuteur unique ou plusieurs référents ?
Le tuteur unique convient aux métiers où le travail reste visible et continu. Les fonctions de bureau gagnent au binôme, composé d’un référent métier et d’un référent parcours, car cette organisation répartit la charge et multiplie les situations d’observation disponibles pour l’alternant.
Pourquoi les alternants du supérieur apprennent-ils moins de leur tuteur ?
Les fonctions de bureau produisent des arbitrages et des documents dont le raisonnement reste invisible. L’alternant assiste à une activité dont il ne perçoit pas la logique, donc il apprend surtout par ses propres livrables et rarement par l’observation de son tuteur.
Comment repérer un risque de rupture de contrat d’alternance ?
Quatre signaux apparaissent dès le premier trimestre : un alternant incapable de décrire la méthode de son tuteur, des missions limitées aux tâches délaissées, des points de suivi reportés et des livrables sans destinataire interne. Deux signaux sur quatre appellent une correction du poste d’accueil.


