un line-up de personnes prêtes à la mobilité interne dans le cadre de la succession

Votre plan de succession ignore les ambitions cachées

Vos managers connaissent les ambitions de leurs équipes. Votre revue de personnel ne les voit jamais. Pourquoi la mobilité interne se joue sur une information que vous détenez déjà, et comment la compter.

Votre plan de succession se construit sur les personnes que vos revues de personnel savent nommer. La mobilité interne se mesure ensuite au nombre de postes pourvus sans passer par le marché externe, ce qui revient à compter des résultats sans jamais compter la matière première qui les produit. Cette matière première est une information de carrière, formulée un jour par un collaborateur à son responsable direct.

un line-up de personnes prêtes à la mobilité interne dans le cadre de la succession

La question habituelle porte sur le climat, la confiance et la liberté de parole. Nous la déplaçons vers un objet plus prosaïque, la circulation d’une information que votre organisation détient déjà et qui n’atteint pas l’instance qui décide des nominations. Le silence des équipes couvre quatre objets distincts, et un seul d’entre eux se pilote réellement.

Vous avez donc une décision à prendre avant votre prochaine revue de personnel : continuer à compter les postes pourvus en interne, ou suivre l’intention de mobilité elle-même, du jour où un collaborateur la formule jusqu’au jour où elle atteint l’instance de nomination.

CE QUE VOUS MESUREZ CE QUI VOUS ÉCHAPPE L’OBJET À COMPTER
La mobilité interne se compte une fois le poste pourvuLa mobilité interne est mesurée par le nombre de nominations réalisées sans recrutement externe sur une période donnée. Cette mesure arrive après la décision et ne dit rien des ambitions qui circulaient avant l’ouverture du poste. Les ambitions restent dans la ligne managérialeUn collaborateur formule son intention de carrière à son responsable direct. Cette information s’arrête souvent à ce niveau, faute de destinataire identifié, de format de transmission et de contrepartie pour celui qui la transmet. L’intention de mobilité devient un objet datéL’unité suivie devient l’intention elle-même, avec son émetteur, sa date, son destinataire et son état. La santé du dispositif se lit dans la part des nominations précédées d’une intention connue avant l’ouverture du poste.

Quatre choses se taisent dans vos équipes, et une seule se pilote

Le silence d’une équipe recouvre quatre objets qui n’ont ni la même cause ni le même remède : les idées, les questions, les alertes et les ambitions. Les trois premières dépendent du climat de travail et se traitent lentement. La quatrième dépend d’un circuit d’information, elle se traite vite et elle se compte.

Ce que les quatre objets ont en commun et ce qui les sépare

Les quatre objets partagent un même calcul individuel : parler coûte quelque chose à celui qui parle. Ils se séparent sur le destinataire attendu et sur le délai de réponse. Une idée cherche un arbitre, une alerte cherche un responsable et une ambition cherche une instance de décision qui siège une ou deux fois par an.

Une idée retenue coûte à l’organisation une amélioration qu’elle n’a pas eue. Une question retenue coûte du temps perdu et une erreur évitable. Une alerte retenue coûte un incident. Une ambition retenue coûte une nomination externe et le départ d’une personne que vous aviez déjà.

Cette dernière perte est la seule qui laisse une trace comptable immédiate, puisqu’elle apparaît dans un coût de recrutement, dans un délai de vacance de poste et dans un solde de départ. Elle est aussi la seule dont la matière première a déjà été produite, puisque la personne concernée a formulé son intention à voix haute au moins une fois.

Le mouvement de départ est mesuré, le mouvement interne ne l’est pas

La statistique publique française sait compter les sorties d’entreprise avec précision. Elle ne compte pas les changements de poste au sein d’un même employeur, parce que ces mouvements ne laissent aucune trace dans les déclarations sociales qui alimentent les enquêtes. Votre organisation hérite de cet angle mort.

L’Insee observe ainsi que 18,3 % des salariés du secteur privé ont quitté leur employeur en 2023, dont 9,1 % pour une autre entreprise privée. Ces deux chiffres décrivent la fuite. Aucun chiffre équivalent ne décrit la circulation interne, et cette absence n’est pas un oubli méthodologique.

Côté cadres, l’Apec relevait que 15 % des cadres envisageaient de changer d’entreprise dans les trois mois et que 31 % se déclaraient ouverts à toute proposition extérieure. Un tiers de votre population cadre est donc disponible pour quelqu’un d’autre, et votre dispositif de mobilité interne ignore lesquels.

La grille de tri à poser avant toute action

Le tri se fait sur trois questions simples, appliquées à chaque objet qui se tait : qui devait recevoir l’information, quel délai de réponse aurait été acceptable, et quelle trace existe aujourd’hui. Les ambitions sont le seul objet où les trois réponses sont documentables sans enquête supplémentaire.

  • Les idées : destinataire flou, délai de réponse indéfini et aucune trace structurée hors des dispositifs d’innovation dédiés.
  • Les questions : destinataire immédiat, délai court et trace nulle, puisqu’une question non posée ne laisse rien derrière elle.
  • Les alertes : destinataire identifié par la réglementation, délai contraint et trace obligatoire dans les dispositifs de signalement.
  • Les ambitions : destinataire identifiable, délai annuel ou biennal aligné sur la revue de personnel, et trace partielle dans l’entretien professionnel.

Cette dernière ligne est celle qui intéresse votre plan de succession. Le code du travail impose déjà un entretien consacré aux perspectives d’évolution professionnelle, donc le point de collecte existe. Ce qui manque se situe après la collecte.

Réunion d’équipe en open space, une collaboratrice écoute en retrait sans prendre la parole

Comment piloter les intentions de carrière que vous connaissez déjà

Le pilotage commence par une unité de mesure unique : la part des collaborateurs dont l’intention de carrière est connue et date de moins de dix-huit mois. Cet indicateur se calcule population par population, il se compare d’une année sur l’autre, et il rend visible en comité ce qu’aucun taux de nomination ne montre.

L’unité de pilotage et sa fenêtre de validité

Une intention de carrière vieillit. Une personne qui souhaitait évoluer vers la gestion de projet il y a quatre ans a pu changer d’avis, obtenir satisfaction ailleurs ou renoncer. La fenêtre de dix-huit mois correspond au rythme réel de la plupart des revues de personnel et à la durée pendant laquelle une intention reste exploitable.

Au-delà de cette fenêtre, une intention connue devient une information d’archive. Le calcul consiste alors à rapporter le nombre de collaborateurs portés par une intention fraîche à l’effectif de la population considérée. Le résultat se lit immédiatement et il descend beaucoup plus bas que ce que les directions anticipent.

Un chiffre bas signale une collecte réalisée sans remontée vers l’instance de décision. Cette distinction change entièrement le plan d’action que vous présenterez à votre comité de direction.

L’arbitrage réel porte sur le point de collecte

Une fois l’indicateur posé, une seule question compte vraiment : l’intention de carrière se collecte-t-elle par la ligne managériale ou par un canal qui la contourne. Les deux réponses ont un coût, et aucune organisation ne peut les tenir ensemble sans créer de la confusion.

La collecte par la ligne managériale coûte en complétude, puisqu’elle dépend de la qualité de la relation et du calcul propre au responsable. La collecte par un canal direct, portée par un partenaire ressources humaines ou par un outil dédié, coûte en légitimité managériale. Elle place le responsable devant une information qui le concerne et qu’il découvre après les autres.

Nos parcours managériaux montrent que les organisations qui tiennent les deux canaux obtiennent le pire des deux, parce que les collaborateurs choisissent alors le canal qui les expose le moins et que la donnée se disperse. Trancher explicitement vaut mieux que superposer.

Les quatre étapes qui rendent la mobilité interne pilotable

La mise en place tient en quatre étapes ordonnées, réalisables sur un cycle de revue de personnel. Chacune produit un livrable vérifiable, et aucune ne suppose un nouvel outil. L’ordre compte, puisque chaque étape conditionne la suivante.

  1. Définir le format minimal d’une intention de carrière : la direction visée, l’horizon souhaité et la date de formulation.
  2. Désigner l’instance destinataire et la fréquence à laquelle elle reçoit les intentions collectées.
  3. Mesurer la couverture initiale, population par population, sur la fenêtre de dix-huit mois.
  4. Fixer la contrepartie du manager qui transmet, en actes plutôt qu’en discours, et la rendre publique.

La première étape paraît triviale et elle ne l’est pas. Une intention exploitable comporte une direction, un horizon et une date, or la plupart des comptes rendus d’entretien professionnel conservent la direction sans l’horizon et n’attachent aucune date à la formulation elle-même.

La deuxième étape suppose un choix politique. L’instance destinataire peut être la revue de personnel, le comité de direction ou une cellule dédiée. Chaque choix fixe une fréquence de réception et donc un délai maximal de réponse pour les collaborateurs concernés.

La quatrième étape est celle que les directions repoussent le plus souvent, parce qu’elle suppose de reconnaître que transmettre une ambition coûte quelque chose à celui qui transmet. Nous y revenons plus loin, puisque ce coût est le véritable point de blocage.

plusieurs personnes se transmettent le climat managérial

Quel dispositif de mobilité interne choisir selon votre maturité

Trois familles de dispositifs coexistent sur le marché : la bourse à l’emploi interne, la revue de personnel étendue et la plateforme d’appariement de compétences. Elles ne répondent pas à la même question et elles ne supposent pas la même maturité de données. Les choisir dans le désordre produit un outil vide.

Ce que chaque famille de dispositifs résout et ce qu’elle suppose

Le critère de choix ne porte pas sur les fonctionnalités mais sur la donnée d’entrée que le dispositif exige pour fonctionner. Un outil qui réclame une intention datée restera vide tant que la collecte n’existe pas. Le tableau ci-dessous met en regard les trois familles.

Famille de dispositifQuestion qu’elle résoutDonnée d’entrée exigéeSignal d’alerte à surveiller
Bourse à l’emploi interneRendre visibles les postes ouverts à tous les salariésDes fiches de poste à jour et un délai de publication interne garantiDes postes publiés après qu’un candidat a déjà été pressenti
Revue de personnel étendueConfronter les besoins de succession et les profils connusUne évaluation partagée et des intentions de carrière remontéesLes mêmes noms qui reviennent d’une année sur l’autre sans mouvement
Plateforme d’appariementRapprocher automatiquement des compétences et des besoinsUn référentiel de compétences alimenté et des profils complétés par les intéressésUn taux de complétion des profils qui stagne sous la moitié de l’effectif

La colonne des données d’entrée est celle qui décide. Une organisation qui ne connaît pas les intentions de ses équipes achète une plateforme d’appariement et se retrouve avec un annuaire de compétences déclarées que personne ne met à jour.

Les trois signaux qui justifient un investissement

Un investissement en mobilité interne se justifie sur des signaux mesurables, pas sur une intuition de climat. Trois signaux suffisent à trancher, et ils se calculent avec les données que vous détenez déjà dans votre système d’information et dans vos comptes rendus de revue.

  • La part des postes d’encadrement pourvus par recrutement externe alors qu’un profil interne existait dans le périmètre.
  • Le délai moyen entre la première formulation d’une intention de carrière et la première proposition concrète.
  • La part des départs volontaires de moins de trois ans d’ancienneté chez des personnes évaluées au-dessus de la moyenne.

Le premier signal se construit en reprenant les nominations d’encadrement des deux dernières années et en vérifiant, poste par poste, si un profil interne figurait dans le périmètre au moment de l’ouverture. Le deuxième se lit dans vos comptes rendus d’entretien, à condition qu’ils soient datés. Le troisième sort de votre suivi des départs croisé avec vos résultats d’évaluation.

Ces trois signaux se lisent ensemble. Pris isolément, chacun accepte une explication de circonstance. Réunis, ils décrivent une organisation qui achète à l’extérieur ce qu’elle possède déjà, et ce diagnostic rejoint celui que nous décrivons dans notre article sur les métriques que votre enquête d’engagement ne voit jamais.

Vous voulez fiabiliser votre détection avant de la piloter ?

Vos revues de personnel produisent-elles une image complète de vos viviers ? Découvrez notre lecture des trois capitaux qui manquent le plus souvent aux profils repérés, dans notre article détectez le capital qui manque à vos hauts potentiels.

L’intention de mobilité est l’objet que personne ne compte

Le pilotage décrit plus haut atteint vite sa limite, parce qu’il compte des personnes. Nous proposons de changer d’unité et de compter les intentions. Une intention de mobilité devient alors un objet autonome, avec un émetteur, une date, un destinataire et un état parmi trois : connue, instruite ou abandonnée.

Ce que change le passage du collaborateur à l’intention

Un collaborateur est un objet permanent, présent dans vos effectifs tant qu’il travaille chez vous. Une intention est un objet périssable, créé un jour précis et clos un autre jour. Cette différence de nature ouvre des mesures que le suivi des personnes interdit.

Une même personne peut porter deux intentions successives contradictoires, la première vers la gestion de projet et la seconde vers l’expertise technique. Le suivi par personne écrase cette histoire et ne retient que le dernier état connu. Le suivi par intention conserve la trajectoire et rend visible le moment où une ambition s’est refermée.

Une intention porte aussi un destinataire, ce qu’une personne ne porte pas. Vous pouvez donc mesurer où s’arrêtent les intentions, et cette mesure désigne un niveau hiérarchique plutôt qu’un individu. Le débat quitte alors le terrain du procès managérial pour rejoindre celui de la conception du circuit.

Pourquoi le manager garde l’information, et pourquoi il a raison

Un responsable qui remonte l’ambition de son meilleur collaborateur perd sa capacité de production du trimestre et ne reçoit aucune contrepartie dans son propre dispositif d’évaluation. Retenir l’information devient le comportement économiquement correct, et votre organisation l’a rendu rationnel sans jamais l’avoir décidé.

Ce constat déplace la responsabilité vers le système d’incitation, ce qui est confortable. La partie inconfortable arrive juste après : la direction des ressources humaines détient l’instrument qui produit cette incitation, puisque la grille d’évaluation des managers est écrite par elle.

Une organisation qui veut voir circuler les intentions inscrit donc la transmission dans l’évaluation du manager, avec une pondération visible et une conséquence réelle sur sa rémunération variable ou sur sa propre progression. Toute autre approche revêt la forme d’une exhortation, et les exhortations ne changent pas un calcul.

Le coût de ce choix est réel. Vous acceptez que certains responsables perdent leurs meilleurs profils plus vite, et vous devez alors leur garantir une priorité de remplacement. Ce renoncement est le prix du dispositif, et il se négocie au comité de direction plutôt qu’en réunion ressources humaines.

Les trois états d’une intention et ce qu’ils vous apprennent

Une intention de mobilité se trouve dans l’un de trois états : connue, instruite ou abandonnée. Connue signifie qu’elle a atteint l’instance destinataire. Instruite signifie qu’une réponse a été construite, positive ou négative. Abandonnée signifie que l’émetteur y a renoncé ou que l’organisation a cessé de la traiter.

La répartition entre ces trois états raconte un dispositif beaucoup mieux qu’un taux global. Une organisation dont les intentions restent massivement à l’état connu collecte correctement et n’instruit pas. Une organisation dont les intentions passent vite à l’état abandonné instruit trop tard, et ses meilleurs profils obtiennent une réponse ailleurs avant la sienne.

L’état abandonné mérite une attention particulière, parce qu’il se confond avec un renoncement volontaire dans la plupart des restitutions. Distinguez l’abandon par changement d’avis de l’abandon par absence de réponse. Le premier appartient à la personne, le second appartient à votre circuit.

Cette distinction produit un indicateur secondaire directement utilisable : le délai médian entre l’état connu et l’état instruit. Nos clients découvrent souvent que ce délai dépasse la durée moyenne d’un processus de recrutement externe, ce qui explique à lui seul une partie de leurs départs volontaires.

Entretien individuel entre une manager et un collaborateur dans un bureau vitré, prise de notes sur un carnet

Retour d’expérience Glukoze

Une revue de personnel qui redécouvrait chaque année les mêmes noms

Nous sommes intervenus dans un groupe de services d’environ deux mille collaborateurs, dont la direction des ressources humaines constatait un écart persistant entre son vivier déclaré et ses nominations réelles. Les postes d’encadrement intermédiaire partaient majoritairement à des candidats externes, alors que la revue annuelle listait chaque année une quarantaine de profils jugés prêts. La direction nous a demandé de travailler sur la qualité de la détection, en supposant que le vivier était mal construit.

Nous avons repris les comptes rendus d’entretien professionnel des trois années précédentes et nous les avons confrontés aux comptes rendus de revue. Les intentions de mobilité figuraient bien dans les entretiens, datées et formulées avec précision. Elles n’apparaissaient pas dans les documents de revue, parce que la trame de revue ne comportait aucun champ pour les accueillir. Le vivier était construit sur le jugement des responsables sur le potentiel, jamais sur le souhait exprimé par les personnes.

L’enseignement tient en une phrase : avant de questionner la qualité de votre détection, vérifiez que votre trame de revue comporte un champ pour l’intention exprimée et sa date. Une information collectée qui ne dispose d’aucun contenant à l’étape suivante disparaît sans que personne ne décide de la supprimer.

L’indicateur d’anticipation que votre SIRH ne sait pas produire

L’indicateur qui découle de ce changement d’unité est la part des nominations internes précédées d’une intention connue avant l’ouverture du poste. Il sépare la mobilité anticipée de la mobilité découverte, et il n’est calculable dans aucun système d’information des ressources humaines en l’état.

Pourquoi le calcul est impossible aujourd’hui

Votre système enregistre la date de nomination, la date d’ouverture du poste et parfois la date de candidature. Il n’enregistre nulle part la date à laquelle l’intention est devenue connue de l’organisation. Cette date n’existe comme donnée dans aucun progiciel du marché, puisque la notion d’intention datée n’est pas modélisée.

Le comparatif entre ces deux dates est pourtant la seule façon de distinguer une organisation qui anticipe d’une organisation qui réagit. Une nomination interne précédée d’une intention connue depuis quatorze mois raconte un dispositif qui fonctionne. Une nomination interne décidée trois semaines après l’ouverture du poste raconte un sauvetage réussi.

Les deux produisent le même taux de mobilité interne dans votre bilan social. Cette équivalence statistique est exactement le problème, et elle explique pourquoi un taux de mobilité interne flatteur peut coexister avec un plan de succession vide.

Ce que l’indicateur rend visible dès la première mesure

La première mesure se fait à la main, sur les nominations internes des vingt-quatre derniers mois. Vous vérifiez, pour chacune, si une intention écrite antérieure à l’ouverture du poste existe quelque part dans vos dossiers. Le résultat tient sur une page et il surprend presque toujours.

Les organisations que nous accompagnons découvrent à ce moment que leurs meilleures nominations internes ont été déclenchées par une conversation informelle plutôt que par un dispositif. Le dispositif a servi à formaliser une décision déjà prise dans un couloir. Ce constat n’est pas une critique du dispositif, il fixe son rôle réel.

L’indicateur sert ensuite de cible de progression. Nos clients travaillent généralement par palier annuel, en commençant par les familles de postes dont la vacance coûte le plus cher. La comparaison avec le rythme des promotions internes au statut de cadre, que l’Apec évalue à douze promotions pour mille salariés non cadres, donne un ordre de grandeur utile au cadrage.

La mobilité interne se prépare avant que la demande arrive

La mobilité interne cesse d’être un processus de traitement de candidatures dès que vous datez les intentions. Elle devient un stock d’informations à entretenir, avec une fraîcheur, une couverture et un taux de perte. Cette lecture rejoint celle que nous appliquons à la vérification des prédictions d’évaluation.

Une organisation qui connaît les intentions de la moitié de ses cadres peut planifier. Une organisation qui les découvre à l’ouverture du poste arbitre dans l’urgence et finit par comparer un candidat interne mal préparé à un candidat externe bien présenté. Le résultat de cette comparaison est connu d’avance.

La mobilité interne devient pilotable le jour où elle cesse d’être un flux de candidatures à traiter pour devenir un stock d’intentions datées à entretenir. Le passage d’une lecture à l’autre ne coûte ni outil ni budget, il coûte une décision de modélisation.

Nous détaillons ce mécanisme de vérification dans notre article consacré au fait que personne ne vérifie ce que vos évaluations ont prédit, qui traite la question voisine de la fiabilité du jugement dans la durée.

Comment nous pouvons vous aider à maîtriser ce sujet

Glukoze conçoit des parcours managériaux et des dispositifs de développement qui portent sur les gestes réels du manager, dont la conduite de l’entretien de carrière et la transmission des intentions recueillies. Nous intervenons sur la compétence des lignes managériales et sur la cohérence du circuit qui les entoure.

Diagnostiquer la circulation de l’information de carrière

Nous conduisons un diagnostic court qui remonte le trajet réel d’une intention de carrière dans votre organisation, depuis l’entretien jusqu’à la revue de personnel. Ce travail produit une cartographie des points de perte et une mesure initiale de votre couverture par population.

Le diagnostic s’appuie sur vos documents existants, comptes rendus d’entretien, trames de revue et historiques de nomination, sans enquête supplémentaire auprès des équipes. Cette contrainte est volontaire : une enquête de plus créerait une attente que le circuit ne sait pas encore honorer.

Le livrable sert directement de base de discussion en comité de direction, parce qu’il désigne des étapes de processus plutôt que des personnes. Nos clients l’utilisent généralement pour arbitrer le point de collecte avant d’engager un outil.

Former les managers au geste de transmission

Nos parcours managériaux travaillent la conversation de carrière comme un geste professionnel, avec ses conditions d’ouverture, sa trace écrite et sa suite. Nous y traitons explicitement le conflit d’intérêt du manager qui perd un profil en le signalant.

Ce sujet rejoint celui de la prise de fonction, que nous développons dans notre analyse des raisons pour lesquelles 60 % des nouveaux managers échouent. Un responsable qui n’a jamais été outillé sur la conversation de carrière la remplace par une évaluation de performance.

Installer la revue de personnel dans une communauté managériale

Nous animons des communautés de managers où les responsables confrontent leurs profils à ceux de leurs pairs, hors de leur périmètre immédiat. Ce cadre collectif réduit mécaniquement la rétention, puisqu’un profil retenu devient visible par comparaison.

Ces communautés prennent la forme d’ateliers réguliers adossés à votre calendrier de revue. Elles produisent un effet mesurable sur la couverture des intentions dès le deuxième cycle, et elles servent de lieu de calibrage pour vos critères de nomination.

Conclusion

Votre plan de succession souffre d’une information produite par vos équipes, captée par vos managers et jamais transmise à l’instance qui décide. Compter les personnes disponibles ne corrige pas ce trajet, et compter les nominations réalisées encore moins.

Le déplacement que nous proposons consiste à traiter l’intention de mobilité comme un objet daté, avec un émetteur, un destinataire et un état, puis à mesurer la part des nominations que cette intention a précédées. Cet indicateur demande un champ supplémentaire dans votre trame de revue, rien de plus.

Le renoncement associé est clair. Vous acceptez qu’un responsable perde ses meilleurs profils plus tôt, et vous lui devez en échange une priorité de remplacement et une reconnaissance visible de sa contribution. Sans cette contrepartie, la mesure existe et le comportement ne change pas.

Une organisation qui sait dater les ambitions de ses équipes n’a plus besoin de défendre sa mobilité interne devant son comité de direction, parce qu’elle la voit venir un an à l’avance.

Questions fréquentes sur la mobilité interne

Comment mesurer l’efficacité de la mobilité interne ?

Le taux de postes pourvus en interne mesure un résultat sans mesurer l’anticipation. Complétez-le par la part des nominations internes précédées d’une intention de carrière connue avant l’ouverture du poste, qui distingue une mobilité préparée d’un arbitrage rendu dans l’urgence.

Pourquoi les managers ne signalent-ils pas les souhaits d’évolution de leurs équipes ?

Parce que signaler coûte une capacité de production immédiate sans contrepartie dans leur propre évaluation. La correction passe par la grille d’évaluation des managers, qui doit valoriser la transmission et garantir une priorité de remplacement, plutôt que par un rappel à la coopération.

Faut-il collecter les intentions de carrière par le manager ou par les ressources humaines ?

Les deux canaux fonctionnent, leur superposition non. La collecte managériale coûte en complétude, le canal direct coûte en légitimité managériale. Tranchez explicitement, communiquez le choix et mesurez ensuite la couverture obtenue population par population.

À quelle fréquence une intention de mobilité doit-elle être rafraîchie ?

Une intention de carrière reste exploitable environ dix-huit mois, durée qui correspond au rythme réel des revues de personnel. Au-delà, elle devient une information d’archive et doit être reformulée avant d’alimenter une décision de nomination.

Un outil de mobilité interne suffit-il à relancer les parcours ?

Un outil restitue la donnée qu’il reçoit. Une plateforme d’appariement installée sans collecte d’intentions produit un annuaire de compétences déclarées que personne ne met à jour. Vérifiez la donnée d’entrée disponible avant de choisir la famille de dispositif.