construire son école de management interne

10 clés pour concevoir un parcours de management interne

Concevoir un parcours de management interne se réduit trop souvent à choisir des modules dans un catalogue et à les répartir sur douze mois. Les thèmes retenus sont pertinents, les intervenants compétents, et pourtant les managers ne changent pas leurs pratiques. Le problème vient de l’ordre.

construire son école de management interne

Chez Glukoze, nous observons que la valeur d’un parcours tient à la dépendance entre ses séquences. Un module utile placé au mauvais moment ne produit rien, parce que le manager n’a pas encore rencontré le problème qu’il résout. La progression compte davantage que le contenu.

Nous détaillons ici comment séquencer un parcours, comment le calibrer sur des populations différentes, et comment vérifier que chaque module s’appuie sur le précédent.

CE QUE LA PLUPART CONSTRUISENT CE QUE ÇA PRODUIT LE DÉPLACEMENT GLUKOZE
Un empilement de modulesConcevoir un parcours de management interne revient souvent à sélectionner des thèmes pertinents et à les répartir sur l’année. Chaque module se tient, la séquence n’existe pas. Des acquis sans effet cumuléLes participants ressortent satisfaits de chaque session et repartent avec des outils qu’ils n’utilisent pas. Rien ne relie ce qu’ils viennent d’apprendre à ce qu’ils apprendront ensuite. Une chaîne de dépendancesUn module devient utile quand le participant a rencontré le problème qu’il résout. La conception consiste à ordonner les séquences selon les difficultés réellement vécues entre deux sessions.

Pourquoi l’ordre des modules décide de l’effet du parcours

Un manager retient ce qui répond à une difficulté qu’il vient de vivre. Un contenu proposé avant cette difficulté se range dans la catégorie des informations générales, et disparaît. Cette mécanique gouverne l’efficacité de toute conception pédagogique en entreprise.

La fenêtre d’utilité d’un module

Chaque compétence managériale possède un moment où elle devient nécessaire. La conduite d’un entretien difficile intéresse un manager qui doit en mener un dans les semaines suivantes, elle glisse sur celui qui n’en voit pas l’occasion.

Cette fenêtre se repère en interrogeant les managers sur les situations qu’ils redoutent dans les trois mois. Le calendrier du parcours s’aligne alors sur leur calendrier réel, plutôt que sur une logique de progression théorique allant du général au particulier.

Le décalage classique consiste à ouvrir un parcours par les fondements du leadership et à traiter la conduite d’entretien au huitième mois. Les entretiens annuels auront eu lieu entre temps, sans le moindre appui.

Faire dépendre chaque séquence de la précédente

Un parcours produit un effet cumulé quand chaque module suppose l’application du précédent. Cette dépendance oblige les participants à pratiquer entre deux sessions, faute de quoi ils arrivent démunis à la suivante.

Trois mécanismes créent cette dépendance :

  • un travail à conduire entre les sessions, dont le résultat sert de matière première à la séance suivante ;
  • une ouverture de session consacrée aux difficultés rencontrées dans l’application, avant tout apport nouveau ;
  • et un fil rouge individuel, une situation réelle que chaque participant suit du premier au dernier module.

Le fil rouge produit l’effet le plus fort et coûte le moins cher à mettre en place. Il transforme le parcours en accompagnement d’un cas concret plutôt qu’en série d’apports.

Comment séquencer un parcours de management interne

La séquence se construit en partant des situations à traiter plutôt que des compétences à transmettre. Cette inversion change la structure du parcours et rend chaque module rattachable à un moment précis de la vie du manager.

Partir des situations, pas des compétences

Un référentiel de compétences produit une liste de thèmes sans ordre naturel. Une cartographie des situations produit une chronologie, puisque les difficultés arrivent dans un ordre qui se répète d’une équipe à l’autre.

Nous conduisons cette cartographie avec un groupe de managers en poste, en leur demandant de retracer les douze derniers mois et de nommer les moments où ils se sont sentis démunis. Les récits convergent rapidement vers cinq ou six situations récurrentes.

Ce travail précède la conception et remplace le référentiel générique. Il s’appuie sur le référentiel comportemental issu de l’identification de vos valeurs managériales, qui indique comment ces situations doivent être traitées dans votre organisation.

Les quatre temps d’une séquence utile

Chaque module gagne à suivre une structure constante, qui installe une habitude chez les participants et réduit le temps de mise en route. La régularité du format libère de l’attention pour le contenu.

  1. La reprise des applications depuis la dernière session, avec les blocages rencontrés et les réussites observées.
  2. L’apport nouveau, tenu court, adossé à une situation réelle apportée par un participant.
  3. La mise en situation, où chacun traite un cas issu de son propre périmètre plutôt qu’un exercice fabriqué.
  4. L’engagement daté, formulé par chaque participant devant le groupe et repris à l’ouverture de la session suivante.

Le quatrième temps décide de tout le reste. Un engagement pris devant les pairs et vérifié publiquement produit un taux d’application sans commune mesure avec une intention formulée en fin de séance.

Retour d’expérience Glukoze

Le module d’entretien annuel arrivé en novembre

Une entreprise de services financiers nous demande de reprendre un parcours managérial qu’elle anime elle-même depuis deux ans. Les évaluations de fin de session sont excellentes, et les managers continuent de solliciter les RH sur les mêmes sujets.

Nous reconstituons le calendrier du parcours et celui de l’entreprise, côte à côte. Le module sur la conduite d’entretien était programmé en novembre, quand la campagne d’entretiens annuels démarrait en janvier et se terminait en mars. Les managers travaillaient la compétence deux mois après en avoir eu besoin, sur des cas qu’ils avaient déjà bâclés. Le module sur la gestion de conflit tombait en juillet, période où les équipes sont dispersées.

Nous avons décalé l’ensemble du parcours de trois mois, sans changer un seul contenu. Les sollicitations RH sur ces deux sujets ont chuté à la campagne suivante.

Comment adapter le parcours à des populations différentes

Un parcours unique pour tous les niveaux managériaux produit de l’ennui chez les uns et de la noyade chez les autres. La segmentation se fait sur l’expérience de la responsabilité plutôt que sur le niveau hiérarchique ou l’ancienneté.

Trois populations, trois entrées

Les nouveaux managers cherchent des repères et de la légitimité, souvent avec un sentiment d’imposture. Les managers expérimentés cherchent à traiter des situations que leurs méthodes habituelles ne règlent plus. Les managers de managers cherchent à agir sans passer par le contrôle direct.

Ces trois populations peuvent partager des modules à condition que les cas travaillés diffèrent. Un atelier sur la délégation traite le premier acte de délégation pour les uns, et la délégation à un manager intermédiaire pour les autres.

Le mélange volontaire produit un bénéfice supplémentaire quand il est organisé. Un manager expérimenté qui explique sa méthode à un nouveau consolide sa propre pratique, ce qui justifie de garder des sessions communes malgré l’écart de maturité.

Le cas particulier du comité de direction

Le comité de direction constitue la population la plus souvent oubliée d’un parcours interne. Cette absence crée un double standard visible par toute l’organisation, et prive le dispositif de son relais le plus haut.

Nous recommandons de traiter ce niveau en parallèle plutôt qu’en amont ou en aval. Le comité travaille son propre fonctionnement pendant que les managers travaillent le leur, ce que nous détaillons dans notre article sur la formation de codir.

Cette simultanéité produit un effet que ni l’un ni l’autre ne produit seul. Les arbitrages remontés par les managers arrivent au comité pendant qu’il travaille précisément sa capacité à trancher.

Comment choisir entre parcours unique, parcours segmenté et parcours modulaire

Une direction qui conçoit son parcours arbitre entre trois architectures. Le choix dépend du nombre de managers à former, de l’hétérogénéité de leur expérience et de la capacité d’animation disponible en interne.

Les trois architectures en regard

Ces architectures diffèrent par leur coût d’animation et par leur capacité à traiter des besoins hétérogènes. Le tableau les compare sur les critères qui pèsent réellement au moment de décider.

ArchitectureQuand elle convientAvantage principalLimite
Parcours unique pour tousMoins de trente managers d’expérience comparableUn langage commun installé rapidement dans toute la ligneEnnui des expérimentés et surcharge des nouveaux nommés
Parcours segmenté par populationUne ligne managériale nombreuse et hétérogèneUn contenu calibré sur la maturité réelle de chaque groupeCoût d’animation multiplié et risque de vocabulaire divergent
Tronc commun et modules au choixDes besoins très variables selon les métiers représentésUne base partagée complétée par des réponses cibléesDépendance à un catalogue à maintenir et suivi individuel plus lourd

Le critère qui départage

Comptez le nombre de managers nommés dans les vingt-quatre derniers mois et rapportez-le à l’effectif managérial total. Une proportion élevée justifie un parcours segmenté, avec une entrée dédiée aux nouveaux nommés.

Une ligne managériale stable et expérimentée s’accommode d’un parcours unique, à condition que les cas travaillés viennent des participants eux-mêmes. L’hétérogénéité des cas remplace alors la segmentation des contenus.

Vérifiez votre calendrier avant votre programme

Vous concevez votre parcours et vous hésitez sur la structure ? Découvrez comment créer une école de formation interne et pourquoi la place dans l’agenda décide avant les contenus.

Comment nous vous aidons à concevoir votre parcours

Glukoze conçoit des parcours managériaux à partir des situations réelles de votre organisation. Nous ne proposons pas de programme préétabli, et le référentiel produit reste votre propriété, y compris après la fin de notre intervention.

La cartographie des situations

Notre travail commence par la cartographie des difficultés que vos managers rencontrent, conduite avec eux plutôt que sur eux. Elle produit la chronologie qui structure le parcours et rend chaque module rattachable à un moment précis.

Nous superposons ensuite cette chronologie au calendrier de votre entreprise. Les périodes de campagne d’entretiens, de clôture budgétaire et de forte activité déterminent le placement de chaque séquence.

L’animation et le transfert

Nous animons les premières sessions puis formons vos relais internes à prendre le relais. Cette bascule fait partie du contrat et se prépare dès la conception, ce que nous détaillons dans notre article sur l’internalisation de la formation au management.

Notre communauté de managers prolonge le parcours au delà de sa dernière session, en offrant aux participants un lieu où continuer à traiter leurs cas entre pairs.

Conclusion

Concevoir un parcours de management interne consiste à ordonner des séquences autant qu’à choisir des contenus. Un module utile placé hors de sa fenêtre d’utilité ne produit rien, quelle que soit la qualité de son animation.

Commencez par superposer deux calendriers, celui de votre parcours et celui des moments où vos managers rencontrent réellement les difficultés. Cette superposition vous dira si votre parcours de management interne est mal conçu ou simplement mal placé.

Questions fréquentes sur la conception d’un parcours de management interne

Combien de modules faut-il prévoir dans un parcours de management interne ?

Le nombre compte moins que la fréquence et la dépendance entre les séquences. Six à huit rendez-vous répartis sur l’année suffisent si chaque module s’appuie sur l’application du précédent. Un rythme trop espacé casse la chaîne et ramène le parcours à une série de sessions isolées.

Faut-il mélanger nouveaux managers et managers expérimentés ?

Le mélange fonctionne quand les cas travaillés diffèrent selon la maturité de chacun. Un manager expérimenté qui explique sa méthode à un nouveau consolide sa propre pratique. La segmentation devient nécessaire quand l’écart d’expérience rend les situations incomparables.

Comment savoir si un parcours existant fonctionne mal ?

Regardez les sollicitations que vos RH continuent de recevoir après les sessions. Des questions répétées sur un sujet déjà traité signalent un décalage de calendrier plutôt qu’un défaut de contenu. Superposez alors le calendrier du parcours et celui de l’entreprise.

Faut-il former le comité de direction dans le même parcours ?

En parallèle plutôt que dans le même groupe. Le comité travaille son propre fonctionnement pendant que les managers travaillent le leur, ce qui évite le double standard tout en respectant la différence des sujets. La simultanéité produit un effet que le décalage ne produit pas.