Votre engagement responsable se lit une fois par an

Vos engagements sociaux se vérifient une fois par an, alors que les décisions qui les tiennent se prennent chaque semaine. Ce délai décide de ce que votre management responsable produit vraiment, et il se réduit sur trois engagements seulement.

« Qu’est-ce que nous mettons dans le rapport cette année ? » La question tombe six semaines avant la date de dépôt, dans une réunion de direction des ressources humaines, et elle porte sur douze mois d’arbitrages dont plus personne ne garde la trace exacte. Le management responsable se vérifie à ce moment précis, une fois par an, alors que les décisions qui le tiennent ou le brisent se prennent chaque semaine. Entre les deux, il existe un délai de plusieurs mois pendant lequel votre organisation ne sait pas où elle en est.

Ce délai n’est pas un détail de calendrier, il décide de ce que vos engagements produisent réellement. Une décision prise en mars apparaît dans un indicateur en janvier suivant, et son auteur a souvent changé de poste entre-temps. Vous héritez donc d’un constat sans responsable et d’une correction qui arrive après que la situation s’est installée. La question que vous avez à trancher ne porte pas sur la liste de vos engagements : elle porte sur ceux dont vous acceptez d’attendre un an pour connaître l’état.

L’ENGAGEMENT PRIS CE QUE LA MESURE ANNUELLE PRODUIT LE DÉPLACEMENT GLUKOZE
Une intention écriteLe management responsable désigne l’ensemble des engagements sociaux, économiques et environnementaux qu’une direction inscrit dans ses pratiques de management. Ces engagements se formulent en début d’exercice et se déclarent en fin d’exercice. Un constat sans auteurL’indicateur annuel nomme un écart plusieurs mois après la décision qui l’a creusé. Le responsable de cette décision a parfois changé de fonction, et la situation constatée est devenue la référence interne. La période de lectureUn engagement dont la période de vérification dépasse le cycle de décision qui l’affecte reste une déclaration. Le choix décisif porte sur les rares engagements dont la lecture est ramenée au rythme des arbitrages.

Ce que votre management responsable engage réellement

Le management responsable regroupe les engagements qu’une direction prend sur la façon de traiter ses collaborateurs, ses fournisseurs et son environnement, puis qu’elle traduit en règles de décision pour ses managers. Chacun de ces engagements porte une date de vérification, et cette date détermine sa valeur réelle bien plus que sa formulation.

Une direction relit ses engagements sociaux et environnementaux avant la date de dépôt de son rapport annuel

Un engagement se reconnaît à sa date de vérification

Prenez n’importe lequel de vos engagements et cherchez la date à laquelle quelqu’un en vérifie l’état. Pour la parité salariale, cette date tombe une fois par an. Pour la formation, elle coïncide avec le bilan de plan. Pour la charge de travail de vos responsables d’équipe, elle n’existe souvent pas du tout, puisque aucune procédure ne prévoit le moment où le sujet remonte.

Cette absence de date change tout, car un engagement sans moment de vérification se comporte exactement comme une valeur affichée : il oriente le discours et il ne contraint aucune décision. Vos managers le comprennent très vite. Ils appliquent ce qui se vérifie et ils arbitrent librement sur le reste, non par mauvaise volonté mais parce que leur semaine contient plus de demandes que d’heures.

Nous rencontrons régulièrement des directions qui possèdent quinze engagements écrits et trois dates de vérification. Le calcul qu’elles n’ont jamais fait tient en une ligne : douze de leurs engagements ne sont lus par personne à un moment identifiable de l’année. L’exercice de mise à plat dure une demi-journée, et il produit systématiquement la même surprise.

Les trois familles d’engagements que vous portez déjà

Vos engagements se répartissent en trois familles, et elles ne se lisent pas au même rythme :

  • Les engagements réglementaires, dont la période de lecture est imposée par un texte : l’index de l’égalité professionnelle, le bilan social et la déclaration de durabilité. Vous ne choisissez ni la date ni le contenu.
  • Les engagements négociés, portés par un accord d’entreprise, dont la période de lecture est celle que les signataires ont écrite. Elle est souvent annuelle, parfois absente du texte.
  • Les engagements unilatéraux, que votre direction a pris seule dans une charte, une note ou une communication interne. Leur période de lecture dépend entièrement de votre volonté, et c’est la seule famille sur laquelle vous pouvez agir sans autorisation ni négociation.

Cette troisième famille est celle qui pèse le plus lourd dans la perception de vos collaborateurs, parce qu’elle contient les promesses les plus visibles : la souplesse d’organisation, l’écoute des difficultés personnelles et l’accès à la formation choisie. Elle est aussi la moins outillée. Vous avez donc la main sur la partie la plus exposée de votre management responsable, et cette main reste le plus souvent inemployée.

Notre approche du management régénératif, cadre Glukoze qui installe la contribution nette positive d’une organisation à son écosystème comme critère de décision, commence par ce tri. Avant de discuter du contenu d’un engagement, nous cherchons qui le lit et quand. La réponse indique immédiatement lesquels de vos engagements existent vraiment.

Pourquoi l’année reste une mauvaise unité de mesure

Une période de lecture annuelle convient aux grandeurs qui bougent lentement, comme la structure de vos effectifs. Elle convient mal aux engagements que des décisions hebdomadaires alimentent, parce qu’elle agrège douze mois d’arbitrages en un seul chiffre. Vous obtenez alors un résultat vrai et inutilisable.

Vos arbitrages se prennent à une autre fréquence

Regardez la fréquence réelle des décisions qui touchent vos engagements. Un refus de formation se décide en une semaine, et une modification d’horaires se décide dans la journée.

Un écart d’augmentation entre deux personnes du même poste se décide pendant la campagne salariale, sur une plage de quinze jours. Aucune de ces décisions ne dispose d’un an pour se corriger.

Or la lecture annuelle additionne ces décisions et les anonymise. Quand le chiffre paraît, il est composé de centaines de choix individuels dont aucun n’est identifiable, et votre direction se retrouve devant un écart qu’elle ne peut attribuer à personne. Elle réagit donc par ce qui reste disponible : une communication et un plan d’action générique.

Ce mécanisme explique la répétition que vous observez d’un exercice sur l’autre. Les mêmes écarts réapparaissent, parce que le plan d’action générique ne touche aucun des arbitrages qui les produisent. La fréquence de votre lecture a donc fixé à l’avance la qualité de votre réponse.

Le délai transforme une correction en constat

Un écart lu trois semaines après la décision se corrige, puisque la décision est encore fraîche et que son auteur est en poste. Le même écart lu onze mois plus tard ne se corrige plus : il s’explique. Entre les deux, votre marge d’action a disparu, et le sujet a changé de nature. Il est passé du registre de l’arbitrage à celui du bilan.

Cette bascule a une conséquence politique que vos équipes ressentent avant vous. Un bilan se discute, il ne se répare pas, donc la discussion annuelle sur vos engagements devient un exercice de justification. Les instances de représentation du personnel le savent, et elles vous le font remarquer avec constance.

Le dernier relevé disponible sur la participation des collaborateurs aux changements d’organisation reste ancien, et il mérite d’être lu pour cette raison même. Les changements organisationnels ont touché quatre salariés sur dix l’année de l’enquête, 56 % de ceux qui les ont vécus estimaient avoir reçu une information satisfaisante, et 17 % seulement jugeaient avoir eu une influence sur ces changements (Dares Analyses n° 061, Thomas Coutrot). Ces proportions décrivent une organisation qui informe après avoir décidé.

Vous pouvez considérer ce relevé comme daté, et vous aurez raison sur le millésime. Vous aurez tort sur le mécanisme, parce que rien dans les procédures de décision des entreprises françaises n’a déplacé le moment où les collaborateurs apprennent un changement. Ce moment reste postérieur à l’arbitrage, et il le reste par construction.

Le dialogue social ne comble pas ce délai

Beaucoup de directions comptent sur la négociation collective pour raccourcir le délai entre une décision et sa lecture. Les chiffres de dépôt des accords montrent que cette voie ne couvre qu’une minorité d’entreprises, et qu’elle traite une gamme de sujets plus étroite que ne le suppose le discours sur le dialogue social.

Négocier reste minoritaire dans les entreprises françaises

Sur l’exercice le plus récemment publié, 17,2 % des entreprises de dix salariés ou plus du secteur privé non agricole ont engagé une négociation collective, une proportion en hausse d’un point après deux années de repli. Ces entreprises emploient 61,5 % des salariés du champ, et 83,7 % de leurs négociations aboutissent à un accord ou à un avenant (Dares Résultats n° 17, Antonin Favaro).

Retenez la double lecture de ces deux nombres. La majorité des salariés travaille dans une entreprise qui négocie, et la grande majorité des entreprises ne négocie pas. Si votre organisation compte moins de trois cents personnes, la probabilité qu’un de vos engagements passe par un texte négocié reste faible, donc sa période de lecture dépend de vous seul.

Le détail par thème est plus instructif encore. Le salaire arrive en tête des sujets abordés, par 10,3 % des entreprises, et le thème de la représentation du personnel et du droit syndical tombe à 2,5 %, en recul marqué sur un an. Autrement dit, moins d’une entreprise sur dix ouvre chaque année une discussion formelle sur la rémunération.

Ce que le silence de la négociation laisse au manager

Quand aucun texte ne fixe la règle, votre responsable d’équipe décide seul, avec les moyens dont il dispose. Il tranche une demande de temps partiel selon la charge du service, il accorde une formation selon le budget qui reste, et il répartit une enveloppe d’augmentation selon les personnes qui ont demandé. Ces trois arbitrages construisent votre bilan annuel, et aucun ne fait l’objet d’une consigne écrite.

Vous obtenez donc une politique réelle constituée par addition de décisions locales. Elle n’est pas nécessairement mauvaise, mais elle est non écrite, donc invisible avant la mesure annuelle et impossible à corriger après. Notre conviction, formée sur nos accompagnements de directions des ressources humaines, tient en une phrase : une politique qui se découvre en fin d’exercice n’a jamais été décidée.

Une objection revient souvent à ce stade : vos responsables d’équipe remontent bien leurs pratiques en réunion d’encadrement. Ces remontées existent, mais elles portent sur les cas difficiles et jamais sur la règle appliquée par défaut, donc elles ne vous donnent aucune vue d’ensemble. Vous entendez les exceptions et vous ignorez la norme.

Ce raisonnement prolonge celui que nous développons sur les méthodes de management qui s’empilent faute d’acte de retrait. Le parallèle est direct : une consigne qu’aucune procédure ne retire et un engagement qu’aucune date ne vérifie produisent le même effet sur votre encadrement de proximité, qui choisit alors la règle dont l’écart s’est déjà vu sanctionner.

L’égalité salariale, votre engagement le plus lisible et le plus lent

L’égalité de rémunération offre le meilleur cas d’étude, puisque la France mesure cet engagement mieux que tous les autres. Les chiffres existent, ils sont publics et comparables, et leur période de lecture reste annuelle. Vous disposez donc d’un engagement parfaitement instrumenté dont la correction arrive toujours en retard.

Ce que mesure vraiment l’écart de quatorze pour cent

En équivalent temps plein, les femmes salariées du secteur privé gagnent 14,0 % de moins que les hommes sur le dernier exercice publié, contre 14,2 % l’année précédente et 14,8 % deux ans plus tôt (Insee Focus n° 377). La réduction de l’écart s’est donc poursuivie, à un rythme revenu proche de sa tendance longue après une phase de baisse plus rapide.

Ce nombre agrège trois choses différentes : la répartition des femmes et des hommes entre les métiers, leur répartition entre les niveaux de responsabilité, et l’écart résiduel entre deux personnes qui font le même travail. Les deux premières composantes se déplacent sur plusieurs années, parce qu’elles dépendent de vos recrutements et de vos promotions. La troisième se déplace en une campagne salariale.

Votre indicateur annuel mélange donc une grandeur structurelle et une grandeur décisionnelle. Quand il stagne, vous ne savez pas si vos arbitrages salariaux ont été justes et votre structure lente, ou l’inverse. Cette ambiguïté n’est pas un défaut de l’indicateur : elle vient de sa période, qui ne permet pas de séparer les deux.

À poste comparable, l’écart change de nature

Sur les emplois où au moins une femme et un homme occupent le même poste dans le même établissement, l’écart tombe à 3,6 %. Ce nombre est celui que vous pouvez traiter, parce qu’il isole la part décidée. Il est aussi le seul dont votre encadrement porte la responsabilité directe, puisque la structure des métiers ne dépend pas de lui.

La dispersion générale des salaires donne l’échelle de ce que vous arbitrez. Le salaire net médian en équivalent temps plein atteint 2 190 euros par mois, le premier décile 1 492 euros et le neuvième 4 334 euros, soit un rapport de 2,91 entre les deux extrémités (Insee Première n° 2079). Le salaire moyen des cadres s’établit à 4 629 euros contre 1 941 euros pour les employés.

Ramenez maintenant l’écart de 3,6 % à ces niveaux. Sur un poste d’employé, il représente une soixantaine d’euros par mois, donc un rattrapage que votre enveloppe absorbe sans difficulté. Sur un poste de cadre, il dépasse cent cinquante euros, et le rattrapage devient un arbitrage visible dans la répartition de l’enveloppe. Le coût de votre engagement varie ainsi selon le niveau où vous le traitez, ce qu’aucun indicateur annuel ne montre.

Notre guide de la transparence salariale pour managers et RH détaille la mécanique de cette visibilité nouvelle et ses effets sur vos entretiens. Le point à retenir ici reste la période : un écart détecté pendant la campagne coûte une décision, le même écart détecté un an plus tard coûte une négociation.

Retour d’expérience Glukoze

Onze engagements, deux dates de lecture

Nous accompagnons la direction des ressources humaines d’un groupe de services aux entreprises de neuf cent quarante personnes, réparties sur quatre sites. La direction générale venait de publier une charte d’engagement social comportant onze promesses, et elle nous demandait de préparer la communication managériale qui devait l’accompagner.

Nous avons commencé par chercher, pour chacune des onze promesses, la date à laquelle quelqu’un en vérifiait l’état et la personne qui produisait ce constat. Deux promesses seulement avaient une réponse : l’égalité de rémunération, lue en février pour la déclaration réglementaire, et le taux de départ, suivi mensuellement par le contrôle de gestion. Les neuf autres n’étaient rattachées à aucune échéance et à aucun producteur de chiffre. Trois d’entre elles portaient sur des sujets que les responsables d’équipe arbitraient chaque semaine, notamment les demandes d’aménagement d’horaires.

La direction a retiré six promesses de sa charte et ramené la lecture de trois autres au trimestre, avec un producteur identifié pour chacune. Le nombre d’engagements affichés a baissé de moitié, et le nombre d’engagements réellement suivis est passé de deux à cinq.

Vos managers décident sans voir ce que leurs décisions produisent

Le délai de lecture ne pénalise pas seulement votre direction, il désarme votre encadrement de proximité. Un responsable d’équipe qui ne reçoit jamais le résultat de ses arbitrages perd la possibilité d’apprendre de ses propres décisions, et il retombe sur le seul critère disponible : la charge immédiate de son service.

Des représentants du personnel et une direction examinent les indicateurs sociaux de l'exercice écoulé

Le manager ignore le chiffre qu’il fabrique

Posez la question à vos responsables d’équipe : combien d’entre eux connaissent l’écart de rémunération de leur propre périmètre ? Dans nos interventions, la réponse tourne autour d’un sur dix, et ce sont presque toujours ceux qui l’ont demandé. Les autres découvrent le chiffre consolidé du groupe en réunion d’information, sans jamais savoir ce que leur service y contribue.

Cette ignorance a un effet précis sur leur comportement, et il n’est pas celui que vous attendez. Ils ne deviennent pas négligents : ils deviennent prudents sur tout, ce qui les conduit à refuser plus souvent, faute de savoir laquelle de leurs décisions sera regardée. Un encadrement qui ignore le critère de contrôle applique donc le critère le plus défensif.

La charge de vos managers rend cette prudence compréhensible. Selon l’étude « Cadres et management » de l’Apec, 31 % des cadres managers déclarent travailler cinquante heures par semaine ou davantage, contre 11 % des cadres non-managers. Ajouter un engagement à cette semaine sans en retirer un autre ne produit aucun effet mesurable.

La fonction devient moins attirante, et cela se mesure

La même étude relève un mouvement qui doit vous préoccuper davantage que vos indicateurs sociaux. La part des cadres non-managers souhaitant accéder à des responsabilités hiérarchiques est passée de 42 % à 34 % en trois ans, avec un recul de seize points chez les plus jeunes. La première raison avancée pour refuser reste le refus de gérer des individualités et les problèmes associés, citée par 35 % d’entre eux.

Reliez ce refus au délai de lecture et le lien apparaît. Devenir manager consiste aujourd’hui à prendre des décisions dont personne ne vous dira si elles étaient bonnes, dans un cadre dont les engagements se vérifient loin de vous. Peu de professionnels compétents trouvent cette proposition attirante, et ceux qui la refusent citent des motifs très concrets.

Une correction simple existe pourtant, et elle ne demande aucun outil neuf. Communiquez à chaque responsable d’équipe le chiffre de son périmètre sur un seul engagement, une fois par trimestre, sans commentaire ni objectif. Dans nos accompagnements, ce geste modifie les décisions du trimestre suivant plus sûrement qu’une formation d’une journée sur la responsabilité sociale.

Votre autodiagnostic managérial fournit un point de départ utile pour situer votre encadrement sur ce terrain. Nous l’utilisons en ouverture de nos accompagnements, parce qu’il fait apparaître les écarts de perception entre la direction et les responsables d’équipe avant toute discussion sur le contenu des engagements.

Rapport annuel, tableau trimestriel ou lecture mensuelle : comment arbitrer

Trois véhicules permettent de lire l’état de vos engagements, et ils ne se valent pas. Le choix entre eux détermine le type de correction que vous pourrez apporter, donc il précède toute discussion sur le contenu. Voici ce que chacun traite, ce qu’il coûte et ce qu’il laisse de côté.

Ce que chaque véhicule de lecture vous permet

Véhicule de lectureCe qu’il permet de corrigerSa limite
Rapport annuel réglementaireLa structure de vos effectifs, vos politiques de recrutement et de promotion, vos grandes enveloppes budgétaires.Aucun arbitrage individuel n’y est identifiable, donc la correction passe nécessairement par un plan d’action générique.
Tableau trimestriel par périmètreLes écarts entre services, les décisions de charge et d’organisation, les refus répétés sur un même motif.Demande un producteur de chiffre identifié et une définition stable des indicateurs, sans quoi chaque trimestre se discute au lieu de se lire.
Lecture mensuelle sur trois engagementsLes décisions individuelles encore récentes, avec leur auteur en poste et le dossier ouvert.Expose la variabilité mensuelle et nomme les responsables, ce qui demande une règle explicite sur l’usage de ces chiffres.

Ce tableau ne désigne pas un gagnant, parce que les trois véhicules coexistent dans la plupart des organisations. Il indique en revanche une erreur fréquente : attendre du rapport annuel qu’il corrige des décisions individuelles. Cette attente produit chaque année la même déception et le même plan d’action.

Les critères qui décident à votre place

Quatre critères tranchent réellement entre ces véhicules, et ils sont tous internes à votre organisation :

  • L’existence d’un producteur de chiffre. Sans une personne dont le poste prévoit la production de l’indicateur, aucune lecture plus fréquente que l’obligation légale ne tient au-delà de deux trimestres.
  • La stabilité de vos périmètres. Une réorganisation annuelle rend toute comparaison trimestrielle contestable, donc la lecture courte demande des périmètres figés sur au moins un exercice.
  • Le niveau de délégation de vos responsables d’équipe. Lire un indicateur mensuel qu’aucun manager ne peut influencer par ses décisions produit de la frustration et rien d’autre.
  • La position de votre direction générale sur la nomination. Un chiffre mensuel par périmètre nomme un responsable, et cette conséquence doit être assumée avant la première publication plutôt que découverte après.

Le quatrième critère est celui qui bloque le plus souvent, et il se présente rarement de façon explicite. Les directions préfèrent en général invoquer la charge de production du chiffre, parce que cet argument se discute techniquement. La question de la nomination, elle, demande une position politique que peu de comités de direction ont envie d’écrire.

Notre travail sur le management coresponsable, cadre Glukoze qui répartit la responsabilité d’un résultat entre plusieurs niveaux hiérarchiques plutôt que de la concentrer sur un seul, porte précisément sur cette difficulté. Il permet de publier un chiffre par périmètre sans transformer chaque écart en dossier individuel.

Les trois lectures à raccourcir en premier dans votre management responsable

Raccourcir la période de lecture de tous vos engagements coûterait plus que le bénéfice attendu. La démarche utile consiste à en choisir trois, à les lire au rythme des décisions qui les affectent, et à écrire noir sur blanc que les autres restent en lecture annuelle.

Choisir trois engagements de votre management responsable, pas davantage

La sélection se fait en trois étapes, dans cet ordre :

  1. Listez les engagements dont un responsable d’équipe peut modifier l’état par une décision prise seul. Cette liste est courte, et elle exclut d’emblée tout ce qui dépend d’une enveloppe validée au siège.
  2. Parmi eux, gardez ceux dont vous détenez déjà la donnée dans un système existant : votre logiciel de paie, votre outil de gestion des absences ou votre suivi de formation. Créer un recueil neuf fait échouer la démarche dans la majorité des cas.
  3. Parmi ces derniers, retenez les trois dont un écart vous coûterait le plus cher à expliquer devant vos instances de représentation du personnel. Cette question de coût politique trie mieux que n’importe quel critère de matérialité.

Les trois engagements qui sortent de ce filtre varient selon les organisations, et ils tournent le plus souvent autour des mêmes objets : les délais de réponse aux demandes d’aménagement, la répartition de l’enveloppe d’augmentation à poste comparable et l’accès effectif à la formation demandée. Ces trois objets ont en commun d’être décidés localement et enregistrés quelque part.

Ce que vous acceptez de ne plus regarder

La contrepartie doit être écrite, sinon la démarche se dilue en quelques mois. Écrire que huit de vos engagements restent lus une fois par an revient à admettre publiquement qu’ils ne seront pas corrigés en cours d’exercice, et cet aveu coûte politiquement. Il coûte néanmoins moins cher que la fiction d’un suivi permanent que personne n’assure.

Vérifiez votre dispositif avec cette liste avant de le présenter à votre direction générale :

  • Chacun des trois engagements retenus porte le nom d’une personne qui produit le chiffre et d’une personne qui le reçoit.
  • La source de donnée existe déjà et son extraction demande moins d’une heure par mois.
  • Le périmètre de lecture correspond à un niveau où un manager décide réellement.
  • La règle d’usage du chiffre est écrite : ce qui déclenche une discussion, ce qui déclenche une correction et ce qui ne déclenche rien.
  • Les engagements laissés en lecture annuelle sont listés comme tels dans le même document.
  • Une date de réexamen du dispositif figure au calendrier, à six mois, avec la possibilité de changer les trois engagements retenus.

Cette dernière ligne compte plus qu’elle n’en a l’air. Un dispositif de lecture courte qui ne prévoit pas son propre réexamen devient un rituel, et un rituel se remplit sans se lire. Vous retrouvez alors le problème de départ, avec une charge de production supplémentaire.

Vos managers portent vos engagements sans outil de lecture

Vous voulez donner à votre encadrement les repères de décision que vos indicateurs annuels ne fournissent pas ? Découvrez comment nous construisons un parcours managérial qui outille vos responsables d’équipe sur leurs arbitrages réels, du premier refus à la campagne salariale.

Comment nous pouvons vous aider à raccourcir vos délais de lecture

Nos interventions sur ce sujet commencent toujours par le même inventaire : vos engagements écrits, leur date de vérification et le nom de la personne qui produit le chiffre. Ce travail dure une demi-journée et il fixe l’ordre de tout ce qui suit.

Un diagnostic de vos engagements et de leurs dates

Nous reprenons vos documents d’engagement, votre dernier rapport et vos accords en vigueur, puis nous cherchons pour chaque promesse son producteur de chiffre et son échéance. Le résultat tient sur une page, et il sert de base à la décision de votre direction générale sur les trois lectures à raccourcir.

Des parcours qui outillent la décision de vos managers

Nos parcours managériaux travaillent les arbitrages que vos responsables d’équipe rendent réellement, avec leurs chiffres et leurs contraintes. Notre communauté de managers prolonge ce travail entre pairs, et elle fait circuler les règles de décision qui tiennent d’un service à l’autre. Nos conférences et nos journées inspirantes ouvrent le sujet devant un collectif plus large quand votre direction cherche d’abord à installer la question.

Un management responsable se reconnaît à la date de sa prochaine lecture

Vos engagements ne se jugent pas sur leur formulation, ils se jugent sur le moment où quelqu’un en vérifie l’état et sur la personne qui produit ce constat. Trois lectures courtes sur des objets que vos managers décident seuls valent mieux que onze promesses vérifiées une fois par an. Le reste de votre charte continuera d’exister, et il continuera de se lire en janvier.

Regardez votre calendrier plutôt que vos textes : la prochaine date à laquelle un de vos engagements sera vérifié vous dit exactement où en est votre management responsable.

Questions fréquentes sur le management responsable

Qu’est-ce que le management responsable en pratique ?

Le management responsable désigne les engagements sociaux, économiques et environnementaux qu’une direction traduit en règles de décision pour ses managers. Sa réalité se mesure au nombre de ces engagements dont l’état est vérifié à une date identifiée, par une personne identifiée, plutôt qu’au nombre de promesses inscrites dans une charte.

Combien d’entreprises négocient réellement sur ces sujets ?

Sur le dernier exercice publié par la Dares, 17,2 % des entreprises de dix salariés ou plus du secteur privé non agricole ont engagé une négociation collective. Ces entreprises emploient 61,5 % des salariés du champ, donc la majorité des organisations fixe ses engagements de façon unilatérale, sans texte négocié.

Faut-il mesurer tous ses engagements plus souvent ?

Non, et une lecture accélérée sur l’ensemble des engagements échoue presque toujours faute de producteur de chiffre. Trois engagements suffisent, choisis parmi ceux qu’un responsable d’équipe peut modifier par une décision prise seul et dont la donnée existe déjà dans un système en place.

Quel écart de rémunération entre femmes et hommes se corrige en interne ?

L’écart de 14,0 % en équivalent temps plein mesuré par l’Insee agrège des effets de métier et de niveau qui bougent sur plusieurs années. L’écart de 3,6 % constaté à poste comparable dans le même établissement relève, lui, de vos arbitrages de campagne salariale, donc il se traite en une décision.

Comment savoir si un engagement existe vraiment dans l’entreprise ?

Posez deux questions à son sujet : à quelle date son état est-il vérifié, et qui produit ce constat ? Un engagement sans réponse à ces deux questions fonctionne comme une valeur affichée, puisqu’il oriente le discours interne sans contraindre aucune décision de votre encadrement de proximité.