5 tendances de leadership pour 2024

Vos équipes attendent la liste de ce qui ne changera pas

Une direction annonce un changement sans date, et son encadrement cesse d'engager le moindre effort long. Trois lignes datées, portées chacune par un dirigeant identifié, rendent cet horizon à vos équipes avant toute formation leadership.

En janvier, une direction générale annonce le regroupement de ses trois divisions commerciales et promet des précisions au printemps. En juin, les précisions ne sont pas arrivées, et ses responsables d’équipe ont cessé d’ouvrir le moindre chantier dont le résultat tombe après l’automne. Vos collaborateurs calibrent leur effort sur la durée de vie qu’ils accordent à leur périmètre, et personne ne leur a dit laquelle retenir.

Votre budget de formation leadership répond pourtant à cette situation avec constance : un environnement devient instable, donc vous outillez votre encadrement pour qu’il absorbe les secousses. Le raisonnement tient debout et il laisse intacte la question que vos équipes se posent vraiment, celle de savoir ce qui sera encore là dans douze mois. Vous arbitrez donc entre deux dépenses : élargir la capacité d’adaptation de vos managers, ou publier la courte liste de ce que votre direction garantit sur l’exercice.

LE RÉFLEXE HÉRITÉ CE QU’IL PRODUIT LE DÉPLACEMENT
Former pour absorber l’instabilitéUne formation leadership se programme dès qu’un environnement devient incertain, avec l’idée qu’un encadrement mieux outillé amortira les secousses à venir. Le catalogue s’élargit, les postures se travaillent et le périmètre de chacun reste muet. Un effort calé sur le trimestreLes équipes ignorent quelle part de leur activité survivra à l’exercice, donc elles réservent leur engagement aux travaux dont le résultat tombe vite. Les chantiers longs restent ouverts sans jamais avancer. Les invariants publiés avant le programmeGlukoze observe qu’une direction obtient davantage en publiant la courte liste de ce qu’elle tient sur l’exercice, chaque ligne portant une échéance et un garant identifié, qu’en élargissant son offre de développement managérial.

L’horizon que vos collaborateurs accordent à leur périmètre

Un collaborateur engage son effort sur les travaux dont il croit qu’ils existeront encore à leur échéance. Quand aucune durée n’est annoncée, il retient l’horizon le plus court qu’il juge sûr, celui du trimestre. Votre encadrement hérite alors d’équipes disponibles, compétentes et incapables de s’engager au-delà de la prochaine réunion de pilotage.

La durée de vie supposée d’un chantier décide de l’effort engagé

Car cet arbitrage se joue avant toute question de motivation ou de style managérial : vous demandez à vos responsables d’équipe de porter des objectifs annuels dans une organisation dont ils ne savent pas si elle durera l’année, et vous attribuez ensuite le résultat à leur capacité d’entraînement.

Observez la mécanique sur un cas ordinaire : votre direction annonce une réorganisation sans date de stabilisation, et chaque responsable d’équipe traduit ce silence en consigne personnelle. Il continue de livrer, il tient ses indicateurs et il arrête d’investir dans ce qui demande deux ans pour produire un effet. Le recrutement d’un profil à former, la reprise d’un processus abîmé ou la montée en autonomie d’un collaborateur fragile sortent tous du champ des décisions raisonnables.

Cette arithmétique est rationnelle de leur point de vue. Un chantier long interrompu à mi-parcours coûte la crédibilité de celui qui l’a lancé, et personne ne rembourse cette dépense. Vos managers protègent donc leur capital de crédibilité exactement comme vous protégez votre budget, en évitant les engagements dont l’horizon dépasse la visibilité.

Le mouvement se lit dans leurs décisions d’agenda plutôt que dans leurs déclarations. Un responsable qui déplace trois fois le même entretien de développement vous dit que cet entretien porte sur un horizon auquel il ne croit pas. Vous observez un problème de priorisation, et vous regardez en réalité une estimation de durée de vie.

Ce que votre formation leadership ne peut pas produire seule

Une formation leadership installe des capacités, par exemple conduire un entretien difficile, répartir une charge, formuler un objectif ou tenir un désaccord. Elle n’installe pas la durée. Aucune séquence pédagogique ne permet à un responsable d’équipe de garantir à son collaborateur que le poste sur lequel ils travaillent existera encore à la fin de leur plan de progression.

Or cette garantie appartient à votre direction générale, et elle ne se délègue pas. Vos managers peuvent porter un message, expliquer un arbitrage et absorber une inquiétude, mais ils ne peuvent pas s’engager sur un périmètre qu’ils ne contrôlent pas. Quand ils tentent de le faire, ils signent une promesse qu’une décision ultérieure viendra briser, et ils perdent davantage que s’ils s’étaient tus.

Votre programme de développement managérial produit donc un encadrement plus habile dans un cadre dont la durée reste inconnue. Le gain existe et il plafonne vite. La partie du résultat qui vous manque se décide dans une autre pièce, celle où votre direction choisit ce qu’elle s’interdit de changer cette année.

Les deux idéogrammes de wei ji, le danger et le point de basculement, employés pour parler des tendances de leadership

La liste des invariants, l’objet que votre direction ne publie pas

Un invariant est un engagement daté qu’une direction tient sur l’exercice, quoi qu’il arrive, et dont un dirigeant identifié répond. Trois lignes suffisent. Publiée, cette liste rend à vos équipes l’horizon qui leur manque pour engager un effort long, et elle vous retire la liberté de changer ces trois points en cours d’année.

Trois lignes, une échéance et un garant par ligne

Autrement dit, la rareté ne porte ni sur la vision ni sur la communication interne, deux ressources dont votre organisation dispose largement : elle porte sur l’engagement opposable, celui qui expose son auteur. Une liste d’invariants ne ressemble donc pas à une charte. Elle porte des objets que vos collaborateurs peuvent vérifier eux-mêmes avant la fin de l’exercice : le maintien d’un périmètre d’équipe, la conservation d’un site, le budget d’un dispositif, la règle de calcul d’une prime ou la non-fusion de deux fonctions. Chaque ligne porte une date de fin de validité et le nom de la fonction qui en répond.

Le nombre compte autant que le contenu. Au-delà de trois ou quatre lignes, la liste redevient une déclaration d’intentions et vos équipes la lisent comme telle. En deçà, elle ne couvre pas assez de leur quotidien pour déplacer leurs décisions. Les directions qui réussissent cet exercice passent plus de temps à retirer des lignes qu’à en écrire.

La forme écrite n’est pas une formalité : elle transforme une intention en objet opposable. Une phrase prononcée en réunion se renégocie sans témoin, alors qu’une ligne datée et signée se vérifie par n’importe quel collaborateur à la date annoncée. Votre organisation connaît déjà ce mécanisme sous une autre forme, celle de la négociation collective, et elle en mesure le coût. Peu d’entreprises franchissent ce pas pour des engagements managériaux, alors que la même logique s’applique.

Ce que vous perdez en signant une garantie de douze mois

Tout déplacement réel impose un renoncement, et celui-ci se chiffre. En garantissant trois points pour douze mois, vous abandonnez la possibilité de les arbitrer en cours d’année, y compris quand une opportunité se présente. Une cession, un plan d’économies ou une fusion de périmètres devront attendre l’échéance, ou s’accompagner d’un aveu public de rupture.

Vous perdez aussi le confort de l’ambiguïté. Tant que rien n’est écrit, chacun lit dans le silence la version qui l’arrange, et votre direction conserve toutes ses options. La liste publiée ferme ces options sur trois lignes et laisse votre marge entière sur le reste, à condition de le dire.

Vous gagnez en échange une information que vous n’obtenez pas autrement : la réaction de votre encadrement à la liste publiée vous dit exactement quelles lignes comptaient pour lui, et lesquelles vous imaginiez importantes. Cette dernière clause fait la différence entre un engagement et une opération de communication. La liste dit ce qui tient, et elle dit explicitement que tout le reste peut bouger sans préavis. Vos équipes préfèrent cette honnêteté à une promesse générale de stabilité qu’aucun dirigeant ne peut honorer.

Pourquoi vos programmes de développement du leadership s’arrêtent en haut

Deux formats dominent le développement managérial : le séminaire intensif hors site, réservé à quelques dirigeants, et la bibliothèque de contenus ouverte à tous. Le premier ne descend jamais plus bas que ses participants. Le second ne change le comportement que de ceux qui savaient déjà se tenir. Entre les deux, votre encadrement de proximité reste à découvert.

Le gradient d’accès à la formation par catégorie professionnelle

Ce double plafond se retrouve dans la distribution de l’accès à la formation en France, qui reste commandée par la catégorie professionnelle et par la taille de l’entreprise. Le Céreq, centre d’études public qui produit les statistiques françaises sur la qualification et la formation, mesure cet écart sur l’enquête Formation Employeur conduite avec la Dares et France compétences. Le taux d’accès à la formation atteint 54 % chez les cadres, 49 % chez les techniciens et 36 % chez les ouvriers, et l’écart se creuse encore selon la taille : un ouvrier accède 5,3 fois plus souvent à la formation dans une entreprise de plus de mille salariés que dans une structure de moins de dix.

Transposez cette distribution à votre ligne managériale. Vos dirigeants et vos cadres de siège se forment, vos responsables d’atelier, de magasin ou de plateau se forment beaucoup moins, et ce sont eux qui portent la conversation quotidienne avec les équipes. Le discours de leadership que vous installez en haut traverse donc une couche qui ne l’a jamais reçu.

Ce gradient explique une part de l’écart que vous constatez entre vos intentions et le vécu du terrain. Avant d’enrichir le contenu, vérifiez qui l’a suivi : la liste des participants des trois dernières années vous dira plus sur votre politique réelle que votre catalogue.

Le séminaire intensif et la bibliothèque de contenus, deux impasses symétriques

Le séminaire hors site concentre une attention rare sur trois jours, et il produit de vrais déplacements chez ceux qui y assistent. Son défaut tient à son économie : son coût par participant interdit de l’étendre, donc il reste un privilège de niveau hiérarchique. Vous achetez de la profondeur sans diffusion.

La bibliothèque de contenus inverse exactement le compromis. Elle atteint tout le monde pour un coût marginal nul, et elle ne crée aucune obligation de passage à l’acte. Vos collaborateurs les plus autonomes s’en servent, les autres ouvrent trois modules en janvier et n’y reviennent pas. Vous achetez de la diffusion sans profondeur.

Le troisième terme existe, et nos parcours managériaux reposent dessus : une suite d’occasions courtes et rapprochées, posées sur le travail réel, où un responsable d’équipe applique une pratique sur son propre périmètre entre deux rendez-vous. L’habitude s’installe par la répétition dans le contexte, pas par l’intensité du moment. Encore faut-il que le périmètre sur lequel la pratique s’applique existe encore au rendez-vous suivant, ce qui ramène à votre liste d’invariants.

L’intelligence artificielle déplace votre calendrier d’engagements

L’arrivée de l’intelligence artificielle dans les processus de travail rend la publication d’invariants plus difficile et plus utile à la fois. Plus difficile parce que vous ignorez quels postes seront redessinés. Plus utile parce que vos équipes le savent aussi, et qu’elles attendent de vous une borne plutôt qu’une prophétie.

Ce que l’adoption réelle de l’IA dit de vos arbitrages

Commencez donc par regarder où en est l’adoption réelle, puisque le calendrier des discussions internes avance beaucoup plus vite que celui des usages installés. L’Insee, institut national de la statistique et des études économiques, mesure chaque année l’équipement numérique des entreprises implantées en France. Les dernières données disponibles portent sur 2025 : 18 % des entreprises déclarent utiliser au moins une technologie d’intelligence artificielle, contre 10 % un an plus tôt et 6 % deux ans plus tôt. La proportion monte à 58 % au-delà de deux cent cinquante salariés et tombe à 15 % entre dix et quarante-neuf salariés.

Ces niveaux déplacent la conversation que vous tenez avec vos managers. Le triplement en deux ans valide l’urgence, et le niveau absolu dit que la majorité des organisations n’a pas encore engagé la transformation dont elle parle. Vous pilotez donc une anticipation, pas une mutation en cours, et vos invariants peuvent couvrir une année sans vous exposer démesurément.

La même enquête donne le premier frein cité par les entreprises qui n’y vont pas, et il surprend : 71 % invoquent l’absence d’utilité perçue, loin devant le manque d’expertise cité par 54 % d’entre elles. La compétence arrive donc après la question de l’usage, ce qui devrait interroger tout plan de formation construit à l’envers.

L’innovation réelle de vos équipes reste une innovation de procédé

Le même institut mesure l’innovation des entreprises de dix salariés ou plus. Sur la période 2020-2022, 46 % des entreprises ont innové, dont 39 % sur leurs procédés et 19 % seulement sur leurs produits. L’innovation française se fait très majoritairement à l’intérieur des façons de produire, de vendre et d’organiser, donc dans le périmètre que vos managers tiennent.

Ce résultat change la nature de votre demande à l’encadrement. Vous n’attendez pas de vos responsables d’équipe qu’ils inventent une offre : vous attendez qu’ils modifient un processus, un circuit de validation ou une répartition de tâches. Ces modifications demandent plusieurs mois et plusieurs essais, donc exactement l’horizon long que l’absence d’invariants leur interdit d’engager.

Un dernier chiffre de cette enquête mérite votre attention : une entreprise innovante sur trois déclare avoir manqué de ressources pour aller plus loin. La ressource qui manque le plus souvent dans nos missions n’est ni le budget ni la compétence, mais la certitude que le chantier sera encore soutenu au trimestre suivant.

Retour d’expérience Glukoze

Onze engagements affichés, trois garanties tenables

Nous intervenons dans un groupe de distribution spécialisée de six cent quarante personnes, réparties sur une trentaine de sites. La direction générale sort d’un séminaire de cadrage et nous présente onze engagements pris devant son encadrement pour l’année : stabilité des périmètres, maintien des budgets de formation, refonte du système de primes, clarification des parcours et plusieurs autres.

Nous reprenons la liste ligne par ligne avec une seule question : qui répond de cette ligne, et à quelle date cette ligne se vérifie-t-elle ? Trois lignes passent le test. Les huit autres n’ont ni échéance ni responsable, et deux d’entre elles dépendent d’une décision actionnaire attendue au printemps. L’encadrement, interrogé séparément, avait déjà classé les onze engagements en deux catégories, et son classement recoupait le nôtre à une ligne près.

La direction a publié les trois lignes avec leur échéance et le nom de la fonction garante, et elle a écrit noir sur blanc que les huit autres sujets resteraient ouverts. Les réunions mensuelles ont changé de contenu dans le trimestre qui a suivi : les responsables de magasin ont arrêté de demander si les arbitrages allaient tenir et ont commencé à discuter de leur mise en œuvre.

Une direction qui réduit sa liste d’engagements à ce qu’elle peut garantir obtient plus d’engagement de son encadrement qu’une direction qui promet largement : le nombre d’engagements publiés compte moins que la présence d’une date et d’un garant sur chacun.

Sécurité d’expression et exigence de résultat, le faux pendule

Beaucoup de directions traitent la sécurité d’expression et l’exigence de résultat comme les deux extrémités d’un balancier : plus d’écoute pendant les périodes dures, plus d’exigence dès que la pression retombe. Les deux demandes tiennent ensemble dès lors qu’elles portent sur un périmètre daté, et elles s’annulent quand ce périmètre reste flou.

Les deux demandes tiennent ensemble dans un périmètre daté

Car ce balancier coûte cher à ceux qui le subissent, et la fonction de responsable d’équipe se vide de ses candidats pendant que vous arbitrez. Un collaborateur accepte une exigence élevée quand il peut dire ce qui l’empêche de l’atteindre, et il parle quand sa parole n’affecte pas sa situation. Ces deux conditions portent sur le même objet, la clarté de ce dont il répond et de ce dont il ne répond pas. Un périmètre écrit rend l’exigence discutable sans la ramollir.

À l’inverse, un périmètre mouvant rend les deux demandes contradictoires et prive votre encadrement du socle sur lequel il arbitre. Votre responsable d’équipe ne sait pas s’il doit tenir l’objectif ou signaler l’obstacle, puisque l’obstacle changera peut-être de propriétaire au prochain arbitrage. Il choisit alors le silence, qui ne coûte rien à court terme et vous prive de l’information dont vous avez besoin.

C’est la raison pour laquelle nous plaçons systématiquement l’écriture du périmètre avant le travail sur les postures. Un manager formé à l’écoute dans un périmètre indéterminé écoute mieux et décide pareil. Nous développons ce point dans notre article sur le climat managérial et sa vitesse de propagation.

Ce que vos cadres refusent désormais

L’Apec, association paritaire qui suit l’emploi des cadres en France, a publié en janvier 2026 une étude sur la relation des cadres au management. La part des cadres non-managers souhaitant accéder à des responsabilités hiérarchiques est passée de 42 % à 34 % en trois ans, avec seize points de recul chez les plus jeunes. La première raison avancée par ceux qui refusent tient à la gestion des individualités, citée par 35 % d’entre eux.

La même étude mesure la charge associée : 31 % des cadres managers déclarent travailler cinquante heures par semaine ou davantage, contre 11 % des cadres sans responsabilité hiérarchique. Vous proposez donc vingt heures de travail supplémentaires par mois pour exercer une fonction dont le périmètre peut changer deux fois dans l’année.

Un responsable qui accepte cette charge le fait donc pour des raisons qui dépassent la rémunération, et il les réévalue à chaque réorganisation. Cette désaffection se traite mal par la formation et bien par la clarification. Un candidat à une fonction d’encadrement évalue trois choses avant d’accepter, la charge, le soutien et la durée de ce qui lui est confié. Vous agissez directement sur la troisième, et c’est la seule qui ne coûte rien d’autre que du courage.

Séminaire, parcours long ou liste d’invariants : comment arbitrer

Trois véhicules se présentent quand vous décidez d’agir sur votre encadrement, et ils ne corrigent pas le même défaut. Le séminaire traite l’alignement des dirigeants, le parcours long traite l’installation de pratiques chez les responsables de proximité, et la liste d’invariants traite l’horizon dans lequel ces pratiques s’appliquent. Les trois se combinent, dans cet ordre de dépendance.

Les quatre critères qui départagent les trois véhicules

Comparez-les donc sur ce qu’ils règlent et sur ce qu’ils laissent entier, plutôt que sur leur coût par participant. Le tableau ci-dessous reprend les trois véhicules, ce que chacun corrige réellement et la limite qu’il porte. Lisez-le de droite à gauche : la limite détermine souvent la décision plus sûrement que le bénéfice annoncé.

VéhiculeCe qu’il corrigeSa limite
Séminaire intensif de dirigeantsL’écart d’interprétation entre les membres de la direction générale sur les arbitrages à venirNe descend pas au-delà des participants et ne produit aucun engagement daté
Parcours managérial longL’installation de pratiques chez les responsables de proximité, par répétition sur leur propre périmètreSuppose que le périmètre travaillé existe encore d’une séquence à la suivante
Liste d’invariants publiéeL’horizon que vos équipes accordent à leur activité, donc la durée des efforts qu’elles engagentRetire à votre direction la liberté d’arbitrer ces lignes en cours d’exercice

Quatre critères permettent de trancher dans votre situation précise. La fréquence de vos réorganisations sur les trois derniers exercices, la part de votre encadrement de proximité qui a reçu une formation managériale, la présence ou l’absence d’un engagement écrit opposable, et la durée des chantiers que vous attendez réellement de vos équipes.

Si vous avez réorganisé deux fois en trois ans, commencez par la liste d’invariants : tout investissement pédagogique posé sur un périmètre instable se perdra. Si votre organisation est stable et votre encadrement peu formé, le parcours long produira davantage. Le séminaire se justifie quand vos dirigeants ne donnent pas la même réponse à la même question.

Trois véhicules de développement managérial comparés : séminaire de dirigeants, parcours long et liste d'invariants

Les six points de contrôle avant de signer

Avant d’engager un budget, trois étapes ordonnées vous évitent de payer deux fois le même programme.

  1. Relevez la durée moyenne entre deux changements de périmètre dans votre organisation, sur les trois derniers exercices, et comparez-la à la durée du programme envisagé.
  2. Faites écrire par votre direction générale les trois lignes qu’elle garantit sur l’exercice, chacune avec sa date de vérification et la fonction qui en répond.
  3. Choisissez ensuite le véhicule pédagogique, et dimensionnez-le sur la population qui tient effectivement la conversation quotidienne avec les équipes.

Une fois la proposition reçue, six points de contrôle méritent une réponse écrite du prestataire ou de votre équipe interne.

  • La population visée inclut-elle vos responsables de premier niveau, ou s’arrête-t-elle aux cadres de siège ?
  • Le dispositif demande-t-il à chaque participant d’agir sur son propre périmètre entre deux séquences ?
  • Quelle durée sépare la première et la dernière séquence, et cette durée tient-elle dans votre horizon de stabilité ?
  • Qui observe le changement de pratique, et sur quelle trace écrite ?
  • Que se passe-t-il si le périmètre d’un participant change en cours de parcours ?
  • Quelle partie du dispositif survit au départ du responsable formation qui l’a acheté ?

Ces six questions filtrent efficacement les propositions génériques. Un dispositif qui ne sait pas répondre à la cinquième n’a pas été conçu pour une organisation vivante, et vous le découvrirez à la troisième séquence. Nos travaux sur les difficultés propres à la formation des nouveaux managers détaillent les écarts les plus fréquents entre ce qui est promis et ce qui s’installe.

Vos pratiques managériales tiennent-elles sur douze mois ?

Vous voulez savoir quelles pratiques installer en premier dans votre encadrement de proximité ? Découvrez notre méthode complète pour construire un dispositif qui résiste aux changements de périmètre dans notre guide pour créer votre parcours managérial sur mesure.

Comment nous pouvons vous aider à écrire vos invariants managériaux

Nous accompagnons les directions qui veulent rendre à leur encadrement un horizon de travail lisible, puis installer les pratiques qui s’appliquent dans cet horizon. Le travail commence par un relevé de ce que votre organisation garantit réellement aujourd’hui, et il se poursuit par la construction du dispositif de développement adapté à votre population d’encadrement.

Un diagnostic de vos engagements managériaux

Nous reprenons avec votre direction générale la liste de ce qu’elle a annoncé sur l’exercice, et nous testons chaque ligne sur trois critères : son échéance, son garant et sa vérifiabilité par un collaborateur. Le relevé se fait en quelques séances, et il se double d’entretiens avec votre encadrement de proximité pour mesurer l’écart entre ce qui a été dit et ce qui a été entendu. Notre lecture des pratiques managériales en place complète ce diagnostic.

Des parcours et une communauté pour installer la suite

Nos parcours managériaux, nos conférences et nos ateliers portent ensuite sur les pratiques que vos responsables d’équipe appliquent entre deux rendez-vous, sur leur propre périmètre. Notre communauté de managers prolonge ce travail en donnant à vos encadrants un lieu d’échange hors de leur ligne hiérarchique, ce qui accélère l’adoption des pratiques et vous remonte les obstacles réels.

Votre formation leadership commence par ce que vous garantissez

Vos équipes ne vous demandent pas de prédire l’année : elles vous demandent de nommer la part que vous tenez. Trois lignes datées, chacune portée par un dirigeant identifié, rendent possibles les efforts longs que votre organisation réclame par ailleurs. Le reste du travail, les pratiques, les postures et la conduite des entretiens, s’installe ensuite et s’installe bien.

Dans cet ordre, votre formation leadership produit ce que vous attendez d’elle. Dans l’ordre inverse, elle produit des managers habiles qui n’engagent rien au-delà du trimestre.

Questions fréquentes sur la formation leadership

Combien de temps faut-il pour qu’une formation leadership change les pratiques ?

Une pratique managériale s’installe par répétition sur le travail réel, donc sur plusieurs mois et plusieurs séquences rapprochées. Un séminaire intensif déplace les représentations en trois jours et modifie rarement les gestes quotidiens. Comptez deux à trois trimestres pour observer un changement stable chez un responsable de proximité.

Faut-il former tous les managers ou commencer par les dirigeants ?

Les dirigeants doivent d’abord se mettre d’accord sur leurs arbitrages, puisqu’un désaccord en haut se paie en contradictions sur le terrain. La population qui change réellement le vécu des équipes reste l’encadrement de premier niveau, et c’est la moins souvent formée dans les entreprises françaises.

Qu’est-ce qu’une liste d’invariants managériaux ?

Il s’agit de trois à quatre engagements datés qu’une direction tient sur l’exercice, chacun portant une échéance de vérification et le nom de la fonction qui en répond. Publiée, cette liste donne à vos équipes l’horizon dont elles ont besoin pour engager des efforts longs, et elle dit explicitement ce qui reste ouvert.

Quelle part des entreprises françaises utilise l’intelligence artificielle ?

Sur les données 2025 publiées par l’Insee, 18 % des entreprises implantées en France déclarent utiliser au moins une technologie d’intelligence artificielle, contre 10 % un an plus tôt. La proportion atteint 58 % au-delà de deux cent cinquante salariés et 15 % dans les plus petites structures.

Pourquoi vos cadres refusent-ils les responsabilités hiérarchiques ?

La part des cadres non-managers qui souhaitent encadrer est passée de 42 % à 34 % en trois ans selon l’Apec, et la gestion des individualités arrive en tête des raisons du refus. La charge pèse aussi : 31 % des cadres managers déclarent cinquante heures de travail hebdomadaire ou davantage.